France renouvelables présente une plateforme de 16 propositions pour l’élection présidentielle de 2027, avec un objectif chiffré : ramener la part des énergies fossiles importées dans la consommation énergétique française d’environ 60 % aujourd’hui à 30 % en 2035, en faisant de l’électrification un axe central des politiques économique, industrielle, énergétique et sociale du prochain quinquennat.
Le constat de départ tient en un chiffre : malgré une électricité largement décarbonée et d’importantes capacités de développement renouvelable, près de 60 % de l’énergie consommée en France reste d’origine fossile et majoritairement importée. Cette dépendance représente en moyenne près de 110 milliards d’euros d’importations par an et expose directement entreprises et ménages aux crises géopolitiques, avec des effets immédiats sur le pouvoir d’achat, la compétitivité et les finances publiques.
Pour France renouvelables, le prochain quinquennat doit changer d’approche : ne plus seulement programmer les moyens de production, mais organiser l’ensemble du système énergétique à partir des besoins futurs d’électrification de l’économie — industrie, mobilités, transports, bâtiments, numérique — en anticipant les capacités de production, de réseau, de stockage et de flexibilité nécessaires.
La proposition centrale est la création d’une Programmation pluriannuelle de l’électrification (PPELEC), assortie de la cible de 30 % de fossiles importés en 2035. Elle s’appuierait sur un Conseil national de l’électrification, chargé dès le début du quinquennat de fixer les objectifs sectoriels, les calendriers et les moyens de cette trajectoire. Les enjeux d’équilibre du système électrique et de dimensionnement des réseaux, documentés par RTE, sont au cœur de cette approche par les besoins.
La démarche se prolongerait à l’échelle européenne : France renouvelables propose que la France soit à l’initiative d’une Communauté européenne de l’électrification, pour faire de la sortie des fossiles et de la souveraineté énergétique un objectif de cohérence européen, et mobiliser plus largement les outils réglementaires, budgétaires et financiers.
Les modélisations de la filière chiffrent l’effet attendu : un développement renforcé des renouvelables réduirait d’environ 8 % le prix moyen de marché de l’électricité en 2035, soit près de 900 millions d’euros d’économies annuelles pour les Français. Côté emploi, les filières renouvelables électriques pèsent déjà plus de 90 000 emplois en France et pourraient approcher 175 000 emplois à l’horizon 2035 dans une trajectoire cohérente avec l’accélération de l’électrification.
Les renouvelables se développant majoritairement en zone rurale, la plateforme consacre un volet aux agriculteurs, avec trois mesures : des tarifs électriques de proximité fondés sur l’autoconsommation élargie ; un Pacte réunissant collectivités locales, agriculteurs et producteurs d’énergies renouvelables pour encadrer l’implantation des projets agrivoltaïques ; et un appui à l’installation de jeunes agriculteurs lorsqu’un projet de production d’énergie renouvelable renforce l’équilibre économique de l’exploitation. Ces sujets rejoignent les travaux de l’ADEME sur l’articulation entre production agricole et production d’énergie.

« Le véritable enjeu est de savoir comment réduire rapidement notre dépendance au pétrole et au gaz importés, qui fragilise à la fois notre souveraineté, notre économie et le pouvoir d’achat des Français », déclare Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France renouvelables. « La France dispose d’un atout considérable avec son électricité bas carbone : nous devons désormais en faire un moteur de réindustrialisation, de compétitivité et de prospérité. »
Une plateforme de 16 propositions visant à faire de l’électrification un projet national, avec pour objectif de ramener la part des énergies fossiles importées de près de 60 % à 30 % de la consommation énergétique française en 2035.
La Programmation pluriannuelle de l’électrification est un nouvel outil de planification proposé par France renouvelables. Au lieu de programmer uniquement les moyens de production, elle organiserait le système énergétique à partir des besoins d’électrification de l’industrie, des mobilités, des bâtiments et du numérique, en anticipant production, réseaux, stockage et flexibilité. Elle serait pilotée par un Conseil national de l’électrification.
Selon les modélisations de la filière, un développement renforcé des énergies renouvelables réduirait d’environ 8 % le prix moyen de marché de l’électricité en 2035, soit près de 900 millions d’euros d’économies annuelles pour les consommateurs français.
Trois mesures : des tarifs électriques de proximité basés sur l’autoconsommation élargie, un pacte entre collectivités, agriculteurs et producteurs pour encadrer l’agrivoltaïsme, et un soutien à l’installation de jeunes agriculteurs lorsque des projets d’énergie renouvelable consolident l’équilibre économique de leur exploitation.
En résumé — France renouvelables déplace le curseur du débat énergétique de la production vers les usages : plutôt que de discuter uniquement du mix électrique, l’organisation propose de planifier l’électrification elle-même, avec une programmation dédiée, un pacte industriel, une tarification adaptée aux périodes d’abondance et un volet agricole. L’objectif de 30 % de fossiles importés en 2035 donne à cette plateforme un repère chiffré que les candidats à la présidentielle de 2027 pourront difficilement ignorer.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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