Les prix spot day-ahead de l’électricité se sont établis à 123 €/MWh en moyenne en août 2026, leur plus haut niveau depuis la crise énergétique de 2022-2023 liée à l’invasion de l’Ukraine, selon l’observatoire des prix de l’électricité publié par Storio Energy, acteur du stockage d’énergie en BtoB.
Selon Storio Energy, les prix moyens de l’électricité ont doublé entre l’été 2025 et l’été 2026, un « nouveau signal que l’été est devenu une saison de prix élevés et de forte volatilité sur les marchés électriques ». Plusieurs facteurs expliquent cette situation : les fortes chaleurs dopent la consommation d’électricité, tandis que la production reste contrainte — le nucléaire en France et le charbon en Allemagne tournent au ralenti, notamment en raison de niveaux de cours d’eau insuffisants pour le refroidissement des centrales.
Le gaz vient alors à la rescousse du système électrique européen, mais son prix atteint 70 €/MWh, au plus haut depuis fin 2022. Les centrales à gaz, qui fixent le prix marginal lors des périodes de tension, contribuent ainsi à tirer les prix de l’électricité vers le haut.
Chaque jour, des périodes d’électricité bon marché, voire gratuite, apparaissent néanmoins pendant le pic de production photovoltaïque, entre 11h et 15h. Une simulation réalisée sur le mois d’août montre qu’une batterie peut se charger à 40 €/MWh en moyenne et se décharger à 195 €/MWh, soit un spread réellement capté de 155 €/MWh — trois fois son prix de revient.
Face à cette nouvelle réalité, Jean-Yves Stephan, CEO et cofondateur de Storio Energy, assure que « les batteries permettent aux industriels de transformer ces écarts de prix en avantage économique, tout en contribuant à la résilience du système électrique ». Le stockage permet de capter les périodes d’électricité abondante et peu chère pour restituer l’énergie lorsque les prix redeviennent élevés, renforçant la compétitivité des sites industriels.
Depuis le début de l’année 2026, le spread moyen atteint 134 €/MWh, soit plus du double du LCOS (coût actualisé du stockage) des batteries. Les marchés ont déjà enregistré 750 heures de prix spot négatifs ou nuls, soit autant que sur l’ensemble de l’année 2025. Dans le même temps, les revenus d’une batterie progressent de 40 % par rapport à 2025 : en août 2026, une batterie génère 65 % de revenus en plus sur le marché spot qu’un an auparavant.

C’est le prix auquel l’électricité s’échange pour livraison le lendemain, fixé sur les marchés de gros européens comme EPEX Spot, heure par heure en fonction de l’offre et de la demande.
En raison d’une consommation dopée par les fortes chaleurs, d’une production contrainte (nucléaire français et charbon allemand au ralenti faute d’eau de refroidissement suffisante) et d’un prix du gaz au plus haut depuis fin 2022, le gaz fixant souvent le prix marginal lors des tensions sur le réseau.
En se chargeant lorsque les prix sont bas, notamment pendant le pic de production photovoltaïque en milieu de journée, puis en se déchargeant lorsque les prix remontent en soirée — un spread qui a atteint 155 €/MWh en moyenne en août 2026, trois fois le prix de revient de la batterie.
L’observatoire de Storio Energy confirme une tendance de fond : des prix de l’électricité de plus en plus volatils, avec des pics estivaux inédits depuis la crise de 2022-2023, mais aussi des creux quotidiens liés à la production solaire de plus en plus profitables pour le stockage par batterie, dont les revenus progressent fortement.
Données de marché : EPEX Spot. Suivi du système électrique français : RTE.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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