La plateforme allemande Cloover regroupe désormais les installations solaires, batteries, pompes à chaleur et bornes de recharge de ses clients au sein d’une centrale électrique virtuelle pilotée par intelligence artificielle. L’entreprise, qui associait jusqu’ici financement et logiciels pour l’électrification résidentielle, annonce parallèlement son implantation prochaine en France, au Royaume-Uni et en Pologne.
En bref :
Le modèle de Cloover repose sur un réseau d’installateurs indépendants, qui représenteraient environ 85 % du marché ciblé par l’entreprise. Ceux-ci conservent leur identité commerciale, leur relation avec les clients et le choix des équipements proposés ; Cloover leur fournit en arrière-plan les outils numériques, les solutions de financement et, désormais, des services énergétiques. La plateforme permet de commercialiser des installations photovoltaïques, des batteries, des pompes à chaleur, des bornes de recharge pour véhicules électriques ou encore des travaux d’efficacité énergétique, avec une réponse de financement en moins de deux minutes, sans apport initial, et un remboursement pouvant être étalé sur 25 ans.
« Nous atteignons les foyers par l’intermédiaire des installateurs auxquels ils font déjà confiance. Nous transformons ensuite chaque maison en centrale électrique et chaque propriétaire en acteur du marché de l’énergie », explique Jodok Betschart, cofondateur de Cloover.
La nouvelle étape franchie par Cloover consiste à regrouper les équipements financés par la plateforme au sein d’une centrale électrique virtuelle. Grâce à son système de gestion énergétique Cloover Energy, l’entreprise pilote de manière coordonnée la production photovoltaïque, le stockage, les pompes à chaleur et la recharge des véhicules électriques de ses clients. Des algorithmes prévoient la production et la consommation de chaque logement, puis programment les usages flexibles en respectant les paramètres définis par les occupants : une batterie peut ainsi se recharger lorsque l’électricité est moins chère, tandis qu’une pompe à chaleur ou une borne de recharge fonctionne au moment le plus favorable.
Agrégée à l’échelle de milliers de logements, cette flexibilité peut être valorisée sur les marchés de l’électricité : les batteries restituent leur énergie lors des périodes de tension, tandis que le déplacement de certaines consommations contribue à limiter les contraintes sur le réseau. Cloover prévoit également de négocier cette capacité sur le marché intrajournalier, où les prix évoluent en temps réel. « Tout ce que nous faisons repose sur l’IA, de la souscription jusqu’à l’optimisation de l’énergie dans chaque maison », souligne Valentin Gönczy, cofondateur de l’entreprise.

Cloover qualifie son modèle de « néo-utility native de l’IA ». Contrairement à un énergéticien traditionnel possédant des centrales, l’entreprise s’appuie sur une multitude d’équipements décentralisés installés chez les particuliers : sa capacité énergétique réside dans cette base d’actifs connectés et dans les services qu’elle peut rendre au réseau. Cette stratégie intervient alors que plusieurs pays européens réduisent ou restructurent les mécanismes historiques de soutien au solaire résidentiel — Cloover mise sur la valorisation de la flexibilité pour compléter, voire remplacer, les revenus fixes associés à l’électricité injectée. « Le matériel nécessaire à la transition énergétique fonctionne déjà. Ce qui manque, c’est une entreprise capable de le rendre abordable, d’atteindre les particuliers par les installateurs qu’ils connaissent et de transformer leur logement en véritable entreprise énergétique », estime Peder Broms, cofondateur de Cloover.
Une centrale électrique virtuelle regroupe et pilote à distance, via un logiciel, un ensemble d’équipements décentralisés (panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur, bornes de recharge) installés chez des particuliers ou des entreprises, pour produire, stocker et restituer de l’électricité de façon coordonnée comme le ferait une centrale classique.
Cloover propose une réponse de financement en moins de deux minutes, sans apport initial, avec un remboursement pouvant être étalé sur 25 ans, distribué via son réseau d’installateurs indépendants qui conservent leur relation directe avec le client.
Après des débuts sur cinq marchés européens, Cloover annonce l’ouverture prochaine de bureaux en France, au Royaume-Uni et en Pologne, dans le cadre de l’extension de son modèle de centrale électrique virtuelle.
En résumé : avec cette centrale électrique virtuelle, Cloover cherche à transformer chaque logement équipé en acteur actif du marché de l’électricité, en valorisant la flexibilité de milliers d’installations solaires, batteries et pompes à chaleur plutôt qu’en misant uniquement sur les tarifs de rachat traditionnels. Son arrivée annoncée en France s’inscrit dans un mouvement plus large de pilotage intelligent de la flexibilité résidentielle en Europe. Sur le rôle des agrégateurs de flexibilité et des centrales virtuelles dans le réseau électrique français, voir les ressources d’Enedis ; sur le financement européen de la transition énergétique, celles du Fonds européen d’investissement.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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