Le parking relais de l’Oncopole, à Toulouse, n’est plus un simple espace de stationnement. Il accueille désormais une centrale solaire de grande ampleur, développée par Virya Energy avec le soutien de Tisséo, la régie des transports en commun de la métropole toulousaine. Avec 3 504 panneaux photovoltaïques répartis sur environ 7 000 m², cette installation produit près de 2 GWh par an et alimente un réseau local de consommateurs situés dans un rayon de deux kilomètres. Ce projet illustre la montée en puissance de l’autoconsommation collective dans les grandes agglomérations françaises.
Les ombrières photovoltaïques couvrent désormais 300 places de stationnement du parking relais de l’Oncopole, sur une surface totale d’environ 7 000 m². Les travaux, débutés en août 2025, ont permis la pose de 3 504 panneaux solaires. Dès la première année d’exploitation, la centrale doit produire 1 992 MWh d’électricité.
Cette production correspond à la consommation annuelle d’environ 450 foyers. Le projet permet également d’éviter le rejet de 120 tonnes de CO₂ dans l’atmosphère chaque année. Au-delà de la production d’énergie renouvelable, les ombrières remplissent une fonction pratique : elles protègent les véhicules stationnés du soleil, de la pluie et de la grêle, améliorant ainsi le confort des usagers du parking.
Le financement du projet repose entièrement sur un investissement privé de deux millions d’euros porté par Virya Energy. Tisséo, gestionnaire du réseau de transports en commun de l’agglomération toulousaine, n’a donc pas contribué directement au financement de la construction de l’installation. Ce choix permet à la régie de transports de développer des infrastructures de production d’énergie sans mobiliser ses propres fonds.
L’occupation du parking génère en réalité une recette pour Tisséo. La redevance d’occupation comprend une part fixe annuelle de 18 400 euros, complétée par une part variable liée aux performances de la centrale. Le montant total de cette redevance pourrait approcher 40 000 euros par an. Ces recettes seront intégrées au budget général de Tisséo et serviront notamment au financement de ses futurs investissements dans des infrastructures de production d’énergie.
L’électricité produite par les panneaux solaires de l’Oncopole est destinée aux entreprises installées dans un rayon de deux kilomètres autour de la centrale. Le dispositif repose sur une opération d’autoconsommation collective, un mécanisme qui permet à un producteur et à des consommateurs de partager une même production d’électricité locale.
L’opération a été structurée par Virya Energy avec l’appui de la société Animergy, un opérateur spécialisé dans les projets d’autoconsommation collective, ainsi que Gilles Garcia, référent local du cabinet Symbiose Développement. Ce montage juridique et technique permet aux entreprises voisines de s’approvisionner directement en électricité solaire produite à proximité, sans passer par un circuit commercial classique.
Ce modèle présente un double avantage pour les entreprises participantes. Elles accèdent à une électricité renouvelable locale, tout en bénéficiant d’un tarif avantageux et stable. L’électricité solaire couvre une partie de leur consommation, tandis que le complément continue d’être fourni par le réseau public d’électricité. Cette complémentarité garantit la sécurité d’approvisionnement, y compris la nuit ou pendant les périodes de faible ensoleillement.
Le projet initial prévoyait d’utiliser l’électricité produite par les panneaux solaires pour alimenter Téléo, le téléphérique urbain reliant l’Oncopole à l’université Paul-Sabatier. L’évolution du projet et le déplacement de certains de ses équipements techniques n’ont toutefois pas permis de conserver ce débouché direct.
Les deux partenaires ont alors retenu une solution alternative : la commercialisation de l’électricité sous forme d’autoconsommation collective. Cette adaptation illustre la flexibilité des projets d’énergie solaire en milieu urbain. Les entreprises riveraines de l’Oncopole peuvent ainsi profiter d’une énergie propre et locale, pendant que le téléphérique continue de puiser son électricité à partir du réseau classique.

L’électricité solaire est proposée aux entreprises participantes à un tarif préférentiel défini à l’avance. La formule peut reposer sur un prix fixe ou sur une trajectoire d’évolution connue. Les consommateurs associés à l’opération disposent ainsi d’une meilleure visibilité sur leurs dépenses énergétiques sur le moyen terme.
Cet avantage est considérable dans un contexte de forte volatilité des prix de l’électricité sur les marchés de gros. En achetant localement une partie de leur électricité, les entreprises réduisent leur exposition aux fluctuations des prix et sécurisent leur budget énergie. Elles soutiennent également le développement des énergies renouvelables sur le territoire toulousain.
L’installation de l’Oncopole pourrait servir de modèle à d’autres opérations sur le patrimoine de Tisséo. La régie étudie déjà l’équipement de plusieurs sites, notamment le pôle d’échanges de Basso-Cambo et le futur garage-atelier de la ligne C du métro de Toulouse. Ces projets permettraient d’accroître la production locale d’électricité solaire tout en valorisant des surfaces de stationnement déjà artificialisées.
Pour l’oncopole, l’opération s’inscrit dans une logique de circuit court de l’énergie. Les panneaux solaires produisent de l’électricité au plus près des lieux de consommation, limitant ainsi les pertes liées au transport et renforçant l’autonomie énergétique de la métropole.
La région Occitanie ambitionne de devenir une région à énergie positive à l’horizon 2050. Les projets d’ombrières photovoltaïques sur les parkings publics s’inscrivent directement dans cette stratégie. Ils permettent de produire de l’électricité décarbonée sans consommer de foncier agricole ou naturel, en utilisant des surfaces déjà imperméabilisées.
Selon l’ADEME, l’autoconsommation collective constitue un levier majeur pour accélérer la transition énergétique des territoires. Elle favorise l’acceptabilité sociale des projets photovoltaïques et crée des liens économiques locaux autour de la production d’énergie.
Le projet de l’Oncopole démontre qu’il est possible de concilier mobilité, énergie renouvelable et développement économique local. En transformant un simple parking en centrale solaire, Toulouse offre un exemple concret de ce que sera la ville de demain : plus sobre, plus résiliente et davantage ancrée dans la production locale d’énergie.
Cette première boucle locale d’électricité solaire associe production d’énergie renouvelable, protection des véhicules et partage local de l’électricité. Elle confirme le rôle croissant des parkings dans la transition énergétique des métropoles françaises.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Inscrivez-vous en avant-première pour ne rien manquer de nos prochaines actualités.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.