Le producteur indépendant d’électricité (IPP) français Amarenco vient de donner le coup d’envoi de la construction d’Osmo, un système de stockage par batteries lithium-ion d’une puissance de 100 MW et d’une capacité de deux heures. Implanté dans le bassin industriel de Lacq, entre Os-Marsillon et Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), ce projet illustre le rôle croissant des batteries dans la transition énergétique. Alors que la part des énergies renouvelables intermittentes (solaire, éolien) augmente, des solutions de flexibilité comme Osmo deviennent indispensables pour équilibrer offre et demande en temps réel.
Le choix du bassin de Lacq n’est pas anodin. Ancien haut lieu de l’exploitation gazière, cette zone dispose d’infrastructures électriques robustes et de terrains déjà artificialisés. En s’implantant sur une friche industrielle, Amarenco valorise un foncier sans consommer d’espace naturel, conformément aux objectifs de sobriété foncière. Le raccordement au réseau de transport d’électricité bénéficie des installations existantes, ce qui réduit les délais et les coûts de développement.
La batterie Osmo n’est pas conçue pour un seul usage. Elle fournira plusieurs services essentiels au gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) :
Ces services sont rémunérés par RTE et permettent à Amarenco de diversifier ses revenus tout en contribuant à la sécurité d’approvisionnement. Selon les données de RTE, les besoins en réserves rapides augmentent avec l’intégration des énergies renouvelables. Le projet Osmo répond donc à un besoin concret identifié par le gestionnaire de réseau.
Le financement de l’installation a été finalisé via un closing avec la banque Société Générale. Ce montage financier, typique des grands projets d’infrastructure énergétique, combine dette et fonds propres. Amarenco n’a pas divulgué le montant exact, mais un projet de 100 MW avec 2 heures de stockage représente un investissement estimé entre 80 et 120 millions d’euros, selon les configurations et les coûts actuels des batteries lithium-ion. La baisse continue du coût des batteries (division par deux en cinq ans) rend ces projets de plus en plus compétitifs face aux centrales de pointe au gaz.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie d’accélération d’Amarenco en France et en Europe. Après la mise en service de la centrale Claudia (105 MW) et son repowering, l’IPP confirme sa volonté d’être un acteur majeur du stockage. Le portefeuille de projets de l’entreprise en France dépasse désormais 1 GW de capacités de batteries en développement ou en construction. En parallèle, Amarenco explore des marchés en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, où les mécanismes de capacité et les marchés de services système sont également en pleine expansion.

Le bassin de Lacq, lui, vit une renaissance énergétique. Après l’arrêt de l’exploitation du gaz naturel, la zone attire des projets innovants : stockage d’énergie, production d’hydrogène vert, data centers. Osmo devient ainsi un symbole de la reconversion du territoire vers les énergies de demain. Les collectivités locales (communauté de communes de Lacq-Orthez, région Nouvelle-Aquitaine) soutiennent activement ces initiatives, qui créent des emplois directs et indirects (maintenance, exploitation, sécurité).
La technologie lithium-ion utilisée pour Osmo est mature et éprouvée. Toutefois, Amarenco intègre des systèmes de gestion thermique avancés pour maximiser la durée de vie des batteries (estimée à 15-20 ans) et garantir la sécurité. Les batteries sont installées dans des conteneurs modulaires, ce qui facilite l’extension future. Le projet fait l’objet d’une étude d’impact environnemental approfondie, notamment sur les risques incendie et le recyclage en fin de vie. Amarenco s’est engagé à respecter les normes les plus strictes et à travailler avec des filières de recyclage certifiées.
À plus long terme, les batteries de grande taille comme Osmo pourraient également fournir des services de black-start (redémarrage du réseau après une panne généralisée) ou d’inertie synthétique, en complément des centrales thermiques. RTE teste déjà ces usages dans le cadre de son projet RINGO. Le développement du stockage est donc un pilier de la stratégie française de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Le projet Osmo d’Amarenco dans le bassin de Lacq représente bien plus qu’une simple batterie. C’est une infrastructure de flexibilité indispensable à la transition énergétique, un modèle de reconversion industrielle et un signal fort pour les investisseurs. Avec un financement solide, un site bien raccordé et des services adaptés aux besoins de RTE, cette installation de 100 MW deviendra opérationnelle d’ici 18 à 24 mois. Elle contribuera à stabiliser le réseau, à réduire les émissions de CO2 en évitant le recours à des centrales fossiles, et à créer de la valeur économique locale. Amarenco prouve ainsi que le stockage par batteries est une solution d’avenir, désormais mature et compétitive.
Pour en savoir plus sur les enjeux du stockage d’énergie, consultez les publications de RTE et du CEA. Retrouvez également les actualités d’Amarenco.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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