De nombreux propriétaires bailleurs, confrontés à l’échéance de l’interdiction de louer les logements classés F et G (à partir de 2025 pour les G, 2028 pour les F), cherchent des solutions rapides. L’installation de panneaux solaires photovoltaïques est souvent envisagée comme une solution miracle pour faire grimper la note du diagnostic de performance énergétique (DPE). Pourtant, la réalité est bien plus nuancée : poser des panneaux ne permet pas de gagner une classe entière du DPE de manière instantanée. Cette idée reçue mérite d’être déconstruite avec une analyse méthodologique précise.
Le DPE repose sur deux indicateurs principaux : la consommation d’énergie primaire (kWhEP/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (kg CO₂/m²/an). La méthode de calcul officielle, dite 3CL (pour les logements individuels), prend en compte l’électricité photovoltaïque de manière très limitée. Voici les règles essentielles :
En pratique, une installation photovoltaïque typique (3 à 6 kWc) autoconsommée à 30-50 % peut réduire la consommation d’énergie primaire de seulement 10 à 20 kWhEP/m²/an. Pour un logement passant de 400 à 300 kWhEP/m²/an, l’écart est souvent insuffisant pour franchir un seuil de classe (par exemple, passer de G à F demande de descendre sous 450 kWhEP/m²/an, mais la marge est parfois trop faible).
Les nouvelles versions du logiciel DPE (mises à jour en 2023 et 2024) ont légèrement amélioré la valorisation de l’autoconsommation, notamment en intégrant la possibilité de coupler le solaire avec un ballon thermodynamique ou une pompe à chaleur. Dans ce cas, l’électricité solaire alimente directement ces équipements, améliorant leur coefficient de performance. Toutefois, l’impact reste modeste : on gagne rarement plus de 10 à 15 points sur l’échelle, ce qui ne suffit pas à sauter une classe sauf si le logement est très proche du seuil.
Selon une étude de l’ADEME (Agence de la transition écologique), les panneaux solaires seuls ne peuvent pas faire passer un logement de G à F ou de F à E sans travaux complémentaires sur l’isolation ou le chauffage. L’organisme recommande de traiter en priorité les déperditions thermiques.
Si votre logement est classé F ou G, la priorité est claire : engager des travaux lourds sur l’enveloppe. Voici les actions les plus efficaces, classées par gain potentiel :
Les panneaux solaires peuvent être un complément utile après ces travaux, mais ils ne doivent pas être la première dépense si l’objectif est le DPE. En revanche, combinés à une pompe à chaleur et une bonne isolation, ils peuvent faire basculer un D en C, par exemple.

Pour alléger le coût des rénovations, plusieurs dispositifs existent :
Consultez le site service-public.fr pour les conditions actualisées.
Malgré leur effet limité sur le DPE, les panneaux photovoltaïques restent un investissement intéressant pour :
En conclusion, si vous êtes en classe F ou G, ne misez pas sur le solaire pour échapper à l’interdiction de louer. Investissez d’abord dans l’isolation et un chauffage performant. Ensuite, le photovoltaïque pourra vous aider à décrocher la classe D, voire mieux, tout en réduisant les charges. Un audit énergétique (obligatoire pour la vente de F/G à partir de 2025) vous fournira une feuille de route personnalisée.
Pour approfondir, consultez le guide officiel du ministère de la Transition écologique.
Article mis à jour en mars 2025 – Les seuils d’interdiction de louer sont confirmés : classe G interdite à la location à partir du 1er janvier 2025, classe F à partir du 1er janvier 2028.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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