Les grandes tendances du salon snec 2025 à shanghai : surcapacité, stockage et consolidation douce

Le salon SNEC PV Power Expo, qui s’est tenu la semaine dernière à Shanghai, a une nouvelle fois confirmé son rôle de baromètre incontournable de l’industrie solaire mondiale. Malgré un contexte de surcapacité chronique et de marges historiquement faibles, l’édition 2025 a attiré des milliers de professionnels, témoignant de l’intérêt toujours vif pour les innovations photovoltaïques. Mais l’ambiance était cette année nettement plus mesurée, entre pessimisme à court terme et espoir d’une reprise tirée par le stockage d’énergie. Retour sur les cinq enseignements clés de cet événement majeur.

Une fréquentation record mais une ambiance en berne

Selon les organisateurs, près de 115 000 visiteurs avaient déjà foulé les allées du salon après seulement un jour et demi, tandis que plus de 3 000 exposants occupaient les stands. Ces chiffres impressionnants masquent toutefois un changement d’atmosphère. Là où les éditions précédentes vibraient d’optimisme et d’annonces fracassantes, 2025 a plutôt ressenti une prudence généralisée. « Le niveau d’activité et d’optimisme est nettement inférieur à ce que nous avons connu », confie Summer Zhang, analyste chez OPIS, à pv magazine. « Beaucoup estiment que la surcapacité n’a pas encore atteint son plancher et que de nouvelles baisses de prix sont possibles. »

Moins d’annonces, plus de réflexion

Le nombre de lancements de nouveaux modules photovoltaïques a sensiblement diminué par rapport aux années précédentes. Les fabricants semblent privilégier la consolidation de leurs gammes existantes plutôt que la course aux records de puissance. Ce repli stratégique reflète une industrie qui cherche à préserver ses marges plutôt qu’à conquérir des parts de marché à tout prix.

Le stockage d’énergie s’impose comme le nouveau pilier du salon

L’évolution la plus marquante de cette édition est sans conteste la prédominance du stockage d’énergie. « Pour la première fois, le nombre de stands consacrés au stockage a dépassé celui des entreprises de fabrication solaire », souligne Summer Zhang. Les plaisanteries allaient bon train : certains participants disaient assister à une conférence sur le stockage déguisée en salon solaire. Cette bascule illustre une tendance de fond : l’industrie accepte que l’énergie solaire ne peut plus se penser sans solutions de stockage associées.

L’intégration solaire+stockage devient la norme

Des acteurs historiquement spécialisés dans les onduleurs, comme Sungrow, ont profité du salon pour lancer leurs propres modules photovoltaïques, tandis que les fabricants de batteries élargissent leur offre aux panneaux. Cette convergence répond à une demande croissante des clients pour des systèmes clés en main, avec une garantie unique. « L’industrie converge rapidement vers des offres combinant solaire et stockage », confirme Yana Hryshko, responsable mondiale de la recherche sur la chaîne d’approvisionnement solaire chez Wood Mackenzie.

La « consolidation douce » remplace les faillites brutales

Contrairement aux attentes, la grande vague de consolidation par faillites ou acquisitions ne s’est pas matérialisée. À la place, le secteur traverse une phase de « consolidation douce » décrite par Edurne Zoco, directrice exécutive du groupe Clean Energy Technology chez S&P Commodity Insights. « Les grands acteurs se développent désormais sur plusieurs segments de la chaîne de valeur. On voit des entreprises d’onduleurs, de PCS ou de trackers se lancer dans les modules photovoltaïques », explique-t-elle.

Une stratégie de diversification aux effets incertains

Cette intégration verticale permet aux fabricants de proposer des solutions complètes, mais repousse peut-être une nécessaire restructuration. « Certains estiment qu’un véritable changement n’interviendra que lorsqu’un des plus grands fabricants disparaîtra, entraînant une redistribution des parts de marché », analyse Yana Hryshko. En attendant, les pertes s’accumulent : selon le classement 2025 de Wood Mackenzie, les dix premiers fabricants ont enregistré collectivement environ 5,5 milliards de dollars de pertes.

Les grandes tendances du salon snec 2025 à shanghai : surcapacité, stockage et consolidation douce

Pression sur les prix et recherche de niches

Le contexte de surcapacité pousse les fabricants à explorer des segments différenciés. « Plutôt que de se battre uniquement sur les prix standardisés, les entreprises développent des produits personnalisés : modules pour balcons, modules offshore, solutions dédiées à des applications particulières », détaille Summer Zhang. La technologie à contacts arrière (Back Contact ou BC) suscite un intérêt croissant comme successeur potentiel du TOPCon à long terme.

Qualité plutôt que volume

Les fabricants réorientent leurs stratégies vers des produits à plus haut rendement et sélectionnent davantage leurs commandes. « L’accent est désormais mis sur la qualité plutôt que sur les volumes », souligne Yana Hryshko. Cette approche pourrait favoriser une sélection naturelle au sein du secteur, éliminant progressivement les acteurs les moins performants.

Un pessimisme persistant mais des lueurs d’espoir

Les analystes de BloombergNEF, comme Jenny Chase, confirment le moral en berne des industriels chinois : « Ils considèrent qu’il s’agit de la pire crise jamais traversée par l’industrie solaire. Les pertes s’accumulent depuis trois ans. » Pourtant, les secteurs des batteries et des onduleurs affichent un optimisme plus marqué. Edurne Zoco note que « l’industrie du module est atone, mais les segments du stockage et des PCS montrent plus de dynamisme. »

Vers une reprise tirée par le stockage

Si le solaire traverse une phase difficile, le stockage d’énergie bénéficie d’une demande soutenue, portée par la baisse des coûts des batteries et les besoins croissants de flexibilité des réseaux. Cette dynamique positive pourrait, à terme, redonner des couleurs à l’ensemble de la filière.

Conclusion : un secteur en pleine mutation

Le SNEC 2025 a confirmé que l’industrie photovoltaïque chinoise, bien que sous pression, reste résiliente et en pleine transformation. La convergence solaire-stockage, la recherche de niches différenciées et la consolidation douce dessinent les contours d’un nouveau paradigme. Les prochains mois seront décisifs pour observer si cette réorganisation permettra de restaurer la rentabilité ou si de nouvelles secousses sont à prévoir.

Pour approfondir, consultez l’article original sur pv magazine.

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