La transition énergétique française passe par une diversification des sources de chaleur renouvelable. Parmi elles, la géothermie profonde suscite un intérêt croissant, notamment en région Île-de-France où les besoins en chauffage sont colossaux. Grâce au programme d’État GéoScan, le potentiel géothermique profond autour de Paris vient d’être cartographié avec une précision inédite. Les résultats, dévoilés en 2025, ouvrent la voie à de nombreux projets et accélèrent la décarbonation du secteur résidentiel et tertiaire.
Lancé par l’État en partenariat avec l’ADEME Île‑de‑France, la Région Île‑de‑France et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), le programme GéoScan a consisté en une campagne massive d’acquisition de données géophysiques. Au total, 280 kilomètres de mesures ont été réalisés, couvrant six départements et une centaine de communes. L’objectif : identifier les réservoirs géologiques profonds capables de fournir une chaleur renouvelable, stable et décarbonée. Pour en savoir plus sur les enjeux de la géothermie, consultez le dossier de l’ADEME.
Les investigations ont mis en évidence trois formations géologiques exploitables sur une zone de près de 2 000 km². Ces réservoirs, situés à des profondeurs et températures variées, offrent un potentiel significatif pour alimenter des réseaux de chaleur urbains ou des bâtiments collectifs.
Compris entre 700 et 1 600 mètres de profondeur, le réservoir de l’Oxfordien présente des eaux dont la température oscille entre 40°C et 65°C. Jusqu’à présent, cette couche n’avait jamais été exploitée pour la géothermie en Île‑de‑France. Les données de GéoScan confirment son intérêt pour des applications de chauffage à moyenne température, notamment dans les zones où le Dogger est moins accessible.
Le Dogger, situé entre 1 000 et 2 000 mètres de profondeur, est déjà utilisé par les 54 installations géothermiques profondes en service dans la région en 2025. Cependant, son potentiel restait mal connu dans l’ouest et le sud de l’Île‑de‑France. Les mesures de GéoScan lèvent ces incertitudes : les températures y varient de 50°C à 80°C, idéales pour des réseaux de chaleur de grande taille.
Encore plus profond (1 200 à 2 500 mètres), le Trias offre des eaux encore plus chaudes, dépassant parfois 80°C. Toutefois, sa structure géologique est plus complexe, nécessitant des investigations supplémentaires avant d’envisager une exploitation commerciale. Les études se poursuivent avec le BRGM pour mieux comprendre l’architecture de ces réservoirs.
En Île‑de‑France, près de 45 % de l’énergie finale consommée est liée à des besoins de chaleur (chauffage, eau chaude sanitaire, process industriels). Pourtant, cette chaleur provient encore majoritairement d’énergies fossiles comme le gaz naturel. La géothermie profonde offre une alternative locale, continue et faiblement carbonée. Contrairement à l’éolien ou au solaire, elle ne dépend pas des conditions météorologiques et peut fonctionner 24h/24.

Les résultats de GéoScan réduisent considérablement les risques d’échec lors du forage, ce qui encourage les investisseurs publics et privés à se lancer. Comme l’explique un rapport de l’ADEME, chaque projet de géothermie profonde permet d’éviter l’émission de plusieurs milliers de tonnes de CO₂ par an.
Les données de GéoScan sont désormais mises à disposition des collectivités, des bureaux d’études et des opérateurs énergétiques. Plusieurs communes de l’ouest et du sud francilien ont déjà engagé des études de faisabilité. Par ailleurs, des initiatives comme la géothermie sans forage profond – abordée dans cet article complémentaire – montrent que la chaleur du sous-sol peut être valorisée de multiples façons.
En parallèle, la Région Île‑de‑France a fixé un objectif de multiplication par trois de la production de chaleur géothermique d’ici 2030. GéoScan constitue donc une brique essentielle pour atteindre cette ambition et respecter les engagements climatiques.
Le succès de la méthode GéoScan pourrait être reproduit ailleurs en France, notamment dans les bassins sédimentaires du Sud‑Ouest, du Bassin parisien ou encore en région lyonnaise. En attendant, l’Île‑de‑France confirme son rôle de laboratoire de la transition énergétique, avec un outil de planification unique en Europe.
Article rédigé à partir des données publiées par le BRGM, l’ADEME et la Région Île‑de‑France en février 2025.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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