Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient au Moyen-Orient, l’énergie solaire s’impose comme un rempart économique pour l’Europe. Selon les dernières analyses de SolarPower Europe, les installations photovoltaïques installées dans l’Union européenne ont permis d’éviter près de 10 milliards d’euros d’importations supplémentaires de gaz depuis le début du conflit en Iran en mars 2025. Un chiffre qui illustre le rôle stratégique du solaire dans la sécurité énergétique du continent.
Le conflit iranien a provoqué une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux. Le blocage partiel du détroit d’Ormuz, voie de transit pour près de 20 % du gaz liquéfié mondial, ainsi que les dommages subis par certaines infrastructures fossiles régionales, ont entraîné une hausse brutale des prix. En mars 2025, les contrats à terme sur le gaz en Europe ont franchi la barre des 60 €/MWh, soit le double de la moyenne enregistrée sur les mois précédents. Après une brève accalmie à 38 €/MWh à la mi-avril, les cours sont remontés aux alentours de 52 €/MWh fin avril.
Dans ce climat d’incertitude, chaque kilowattheure d’électricité produit par le solaire devient une bouffée d’oxygène pour les économies nationales et les ménages européens.
L’association professionnelle estime qu’en mars 2025, les économies réalisées grâce au photovoltaïque ont atteint en moyenne 110 millions d’euros par jour. Rapporté sur l’ensemble de la période depuis le début du conflit, le montant total frôle les 10 milliards d’euros. Ces économies théoriques correspondent au coût qu’aurait représenté l’achat du gaz nécessaire pour produire la même quantité d’électricité via des centrales thermiques.
Pour mettre ce chiffre en perspective, Walburga Hemetsberger, directrice générale de SolarPower Europe, souligne : « 10 milliards d’euros, c’est le montant nécessaire pour installer environ 8 GW de nouvelles capacités photovoltaïques dans l’Union européenne, soit près de 12 % des nouvelles capacités installées en 2025. » Elle rappelle également que lors de la crise énergétique liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne avait déjà déboursé au total 1 700 milliards d’euros.
Selon le dernier rapport annuel du Copernicus Climate Change Service, le photovoltaïque a couvert 12,5 % de la demande européenne d’électricité en 2025, contre 10,3 % l’année précédente. Cette progression est attribuée à plusieurs facteurs :
Les experts de Copernicus notent également que pour la première fois, l’éolien et le solaire réunis ont produit davantage d’électricité que les centrales à charbon et à gaz. Au total, les énergies renouvelables ont couvert 46,4 % de la demande européenne d’électricité en 2025, un niveau comparable à celui de 2024, malgré un léger recul de l’éolien (de 18,4 % à 18 %).
Cette démonstration par l’exemple conforte les arguments des défenseurs de la transition énergétique. Non seulement le solaire réduit la dépendance aux importations de gaz, mais il offre aussi une protection contre la volatilité des prix des combustibles fossiles. « Même si le coût total de la crise énergétique reste encore à déterminer, une chose est déjà claire : c’est un prix que l’Europe ne devrait pas avoir à payer », insiste Walburga Hemetsberger.
Les perspectives pour 2026 sont prometteuses. L’Union européenne a fixé des objectifs ambitieux : porter la part des énergies renouvelables à 42,5 % de la consommation finale d’énergie d’ici 2030. Avec des coûts d’installation en baisse constante et des innovations technologiques (panneaux bifaciaux, stockage solaire, agrivoltaïsme), le photovoltaïque pourrait bien doubler sa capacité installée d’ici 2030.
La crise iranienne de 2025 a agi comme un révélateur : dans un monde instable, chaque panneau solaire installé en Europe est un pas de plus vers l’indépendance énergétique. Les 10 milliards d’euros d’importations de gaz évitées ne sont pas seulement une économie financière : ils représentent des emplois locaux, une sécurité d’approvisionnement renforcée et une contribution décisive à la lutte contre le changement climatique. Comme le montre le rapport Copernicus, le photovoltaïque n’est plus une énergie d’avenir : il est déjà, massivement, une énergie du présent.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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