La Chine a officiellement protesté jeudi contre la décision de l’Union européenne (UE) de la considérer comme un pays à « risques élevés » pour la fourniture d’équipements solaires, en particulier les onduleurs. Bruxelles a cessé début avril de subventionner les nouveaux projets utilisant des composants provenant de pays jugés sensibles, ce que Pékin qualifie de pratique discriminatoire qui nuira à la coopération commerciale et à la transition énergétique.
L’UE a indiqué lundi qu’elle avait suspendu, depuis début avril, le soutien financier aux nouvelles installations photovoltaïques employant des onduleurs fabriqués dans des pays à « risques élevés », dont la Chine figure en tête de liste. Les onduleurs sont des dispositifs électroniques essentiels dans tout système solaire : ils transforment le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif utilisable sur le réseau. Sans ces composants, l’électricité solaire ne peut être injectée efficacement.
La Commission européenne justifie sa décision par la menace potentielle de perturbation d’infrastructures critiques par des acteurs étrangers. Elle craint notamment la possibilité de coupures à distance de réseaux électriques des États membres, en visant particulièrement les groupes chinois Huawei et Sungrow, deux des plus grands fabricants mondiaux d’onduleurs solaires. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance européenne vis-à-vis de la Chine pour les technologies vertes, après des précédents similaires dans le secteur des télécommunications (5G).
Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a publié un communiqué ferme : « La Chine presse l’UE de cesser immédiatement de stigmatiser la Chine en la qualifiant de pays à risques élevés et de mettre fin à ses pratiques injustes et discriminatoires à l’encontre des produits chinois. » Il a ajouté que Pékin « prendra des mesures pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises », sans préciser la nature de ces représailles possibles. Le porte-parole a également averti que cette décision européenne nuira à la coopération commerciale bilatérale, aux chaînes d’approvisionnement mondiales et à la transition énergétique européenne elle-même.
L’UE dépend fortement des importations chinoises pour ses équipements solaires : la Chine représente environ 70 à 80 % de la production mondiale de panneaux et de composants clés comme les onduleurs. En excluant les fournisseurs chinois des projets subventionnés, Bruxelles risque de ralentir le déploiement de nouveaux parcs solaires, d’augmenter les coûts et de compliquer l’atteinte de ses objectifs climatiques (44 % d’énergies renouvelables dans le mix d’ici 2030). De leur côté, les exportateurs chinois pourraient se tourner vers d’autres marchés, accentuant les tensions commerciales entre les deux blocs. Selon des experts, la décision pourrait également stimuler la production locale d’onduleurs en Europe, mais à court terme, l’impact sur la transition énergétique est incertain.
Cette mesure s’ajoute à l’enquête antisubventions de l’UE sur les véhicules électriques chinois et aux restrictions imposées à Huawei pour la 5G. Elle illustre la volonté européenne de sécuriser ses infrastructures critiques face à des risques géopolitiques croissants, mais aussi la difficulté de concilier souveraineté industrielle et objectifs climatiques sans partenaires chinois.
Le bras de fer entre la Chine et l’UE sur les équipements solaires reflète des tensions plus larges autour de la sécurité énergétique et de la dépendance technologique. Alors que Bruxelles cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement pour les onduleurs, Pékin promet des représailles. L’avenir de la transition solaire européenne dépendra de la capacité des deux parties à trouver un équilibre entre compétitivité, sécurité et coopération.
Sources :

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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