L’Esac salue l’exclusion des onduleurs chinois des financements de l’ue

La Commission européenne a pris une décision majeure pour la sécurité énergétique du continent : les financements de l’Union européenne (UE) ne pourront plus être alloués à des projets énergétiques utilisant des onduleurs provenant de pays dits « à haut risque ». Cette mesure, qui cible notamment la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, est saluée par le Conseil européen de l’industrie solaire (ESMC). Selon cette organisation, les fabricants européens et occidentaux disposent déjà d’une capacité de production suffisante pour répondre à la demande, et ce, à des prix compétitifs.

Une décision stratégique pour la souveraineté énergétique

Selon des rapports médiatiques, la Commission européenne a décidé que les instruments de financement de l’UE – incluant la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Fonds européen d’investissement (FEI) – ne peuvent plus être utilisés pour des projets énergétiques intégrant des onduleurs en provenance de Chine, de Russie, d’Iran ou de Corée du Nord. Cette interdiction s’applique également aux produits fabriqués par des entreprises détenues ou contrôlées par des entités ou des personnes originaires de ces pays. Elle concerne aussi les projets situés dans les régions voisines de l’UE, comme l’Afrique du Nord et les Balkans occidentaux, qui sont connectés au réseau électrique européen.

Cette décision marque un tournant dans la politique énergétique européenne. Elle vise à réduire la dépendance technologique vis-à-vis de pays considérés comme des risques potentiels pour la sécurité des infrastructures critiques. Pour en savoir plus sur les enjeux de la cybersécurité des réseaux électriques, vous pouvez consulter le rapport d’ENISA sur la cybersécurité du secteur énergétique.

Une réaction positive de l’industrie solaire

Christoph Podewils, Secrétaire général de l’ESMC, a qualifié cette mesure de « décision vraiment audacieuse ». Selon lui, elle « a le potentiel de contribuer à la revitalisation de la production manufacturière en Europe et dans d’autres économies partageant les mêmes idées ». Il a souligné que les onduleurs sont « le cœur de chaque installation solaire et de stockage d’énergie » et, en tant qu’appareils connectés à Internet, « une porte d’entrée potentielle pour les cyberattaques ». Il est donc « juste que les financements de l’UE ne soient plus destinés à la technologie depuis des États à haut risque ».

L’ESMC insiste sur le fait que les fabricants européens sont prêts à répondre à cette nouvelle demande. Une enquête menée en février 2026 auprès des principaux producteurs occidentaux d’onduleurs démontre une capacité de production déjà substantielle. Alors que le marché solaire européen représentait environ 65 GW en 2025, la capacité de production actuelle de l’UE dépasse les 100 GW par an.

Des capacités de production suffisantes et en expansion

Les données de l’ESMC montrent que l’offre occidentale est non seulement suffisante, mais aussi en pleine expansion :

  • Une capacité de production européenne de plus de 100 GW par an est déjà en place.
  • Une expansion supplémentaire de 45 GW est prévue dans les installations européennes existantes d’ici 2027.
  • La capacité occidentale hors UE fournit aujourd’hui au moins 26 GW supplémentaires, avec un potentiel d’expansion de 36 GW supplémentaires.
  • De nouvelles capacités de production peuvent être mises en service en seulement six à douze mois.

Cette capacité est jugée suffisante pour approvisionner de manière fiable tous les segments du marché photovoltaïque, y compris les installations sur les toits. Pour une analyse plus détaillée des capacités de production solaire en Europe, vous pouvez consulter le site de SolarPower Europe.

Un surcoût minime pour une sécurité renforcée

L’un des arguments clés de l’ESMC est que le passage aux onduleurs occidentaux est très compétitif en termes de coûts. Selon une analyse de Wood Mackenzie, l’utilisation d’onduleurs occidentaux dans les projets résidentiels et commerciaux de petite taille représente un investissement supplémentaire modeste :

  • Seulement 1,7 % à 4,3 % du coût total du projet, selon la taille et l’emplacement.
  • Pour les projets à grande échelle, qui reçoivent la majeure partie du financement de la BEI, ce surcoût représente moins de 2 % en Allemagne, en Espagne et en Europe de l’Est.

Cette différence de coûts minimale offre une « valeur exceptionnelle » selon l’ESMC, car elle apporte une sécurité d’approvisionnement renforcée et une cyberrésilience significativement améliorée dans l’ensemble des infrastructures énergétiques européennes.

Appel à une mise en œuvre cohérente

L’ESMC appelle les États membres de l’UE et tous les organismes publics de financement à mettre en œuvre la décision de la Commission de manière cohérente et à aligner en conséquence les programmes de soutien existants. L’organisation exhorte également les États membres à soutenir pleinement la proposition actuelle de la Commission européenne visant à réviser la Loi sur la cybersécurité (CSA 2). L’objectif est de traiter structurellement les risques croissants liés à la chaîne d’approvisionnement et à la cybersécurité posés par les investisseurs issus des pays à haut risque.

Cette décision de la Commission européenne représente une avancée significative pour la souveraineté technologique et la sécurité énergétique de l’Europe. En excluant les onduleurs des pays à haut risque des financements de l’UE, elle protège les infrastructures critiques tout en soutenant l’industrie manufacturière européenne.

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