Dans un contexte de transition énergétique accélérée, la gestion de la consommation d’électricité devient un enjeu central. Le Baromètre des flexibilités 2026, publié par RTE, Enedis, Think Smart Grids, IGNES, la SBA, le GIMELEC et ACTEE, dresse un état des lieux sans précédent. Alors que la production photovoltaïque creuse le « creux de midi » et accroît la volatilité des prix de gros, le rapport insiste sur un point clé : l’électrification des usages doit être accompagnée d’un pilotage massif et intelligent de la consommation.
En 2025, la consommation nationale d’électricité (corrigée des aléas météorologiques et calendaires) est restée stable, autour de 450 TWh, soit un niveau comparable à 2023. Dans le même temps, le solaire a progressé de 5,9 GW sur l’année, renforçant une configuration où l’électricité est abondante et peu chère en milieu de journée, mais plus coûteuse le matin et surtout le soir. Selon le baromètre, les prix moyens observés entre 18 h et 21 h ont été 111 % plus élevés qu’entre 10 h et 18 h en 2025, contre 77 % en 2024.
Cette évolution modifie profondément la nature de la flexibilité. Longtemps associée au simple effacement des pointes hivernales, elle devient désormais une pratique quotidienne consistant à décaler ou moduler certains usages sans perte de confort ni de service rendu. Elle repose notamment sur la gestion de la consommation résiduelle, définie comme la consommation totale d’électricité à laquelle on soustrait la production des énergies renouvelables non pilotables (hydraulique au fil de l’eau, solaire et éolienne).
Le baromètre 2026 révèle que l’amplitude intra-journalière de la consommation résiduelle corrigée atteint désormais 14 GW, contre 13 GW en 2023 et 2024. L’objectif est de 16,5 GW à l’horizon 2030 dans le scénario de RTE « décarbonation rapide, flexibilité haute ». Cet indicateur traduit l’écart entre les creux et les pointes de la journée : plus il est élevé, plus le système a besoin de solutions capables d’absorber l’énergie en journée et de la réinjecter sous forme d’usages décalés. Autrement dit, la question n’est plus seulement de produire au bon moment, mais aussi de consommer au bon moment.
Le deuxième indicateur clé est l’indice de flexibilité de la consommation. Il mesure le rapport entre la consommation moyenne de la plage de mi-journée et celle des pointes du matin et du soir, afin d’évaluer si la demande se déplace réellement vers les heures où l’électricité est la plus disponible. En 2025, cet indice reste encore très modeste, autour de 1,04. La réforme des heures creuses, engagée le 1er novembre 2025 et appelée à se poursuivre jusqu’au printemps 2027, doit notamment déplacer une partie des heures creuses vers l’après-midi durant l’été. L’objectif affiché est de permettre, à partir de 2027, le déplacement de 5 GW de consommation vers les après-midis.
Le baromètre montre que la flexibilité est déjà une réponse utile aux prix bas de midi, aux prix élevés du soir et aux épisodes de prix négatifs, mais qu’elle ne suffit pas à elle seule si l’électrification reste trop lente. La stratégie qui se dessine est double :
Le grand changement de la période 2025-2027 est donc moins technologique que systémique : les briques techniques sont disponibles, il faut désormais les déployer à l’échelle.
Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter les ressources suivantes :
Le prochain article, à paraître mercredi, proposera un décryptage détaillé des technologies et des solutions de pilotage disponibles.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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