Face à la crise énergétique exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé un appel pressant à accélérer la transition électrique du continent. Lors d’une conférence de presse à Bruxelles, elle a annoncé une série de mesures immédiates et une feuille de route stratégique pour mai, visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne.
Ursula von der Leyen a dressé un constat économique alarmant. « Depuis le début du conflit il y a 44 jours, la facture liée à nos importations de combustibles fossiles a augmenté de plus de 22 milliards d’euros », a-t-elle déclaré. Cette hausse, équivalente à plus de 500 millions d’euros supplémentaires dépensés chaque jour, pèse considérablement sur l’économie européenne et souligne l’urgence de l’action.
Pour comprendre l’ampleur de la dépendance énergétique de l’UE, des analyses régulières sont publiées par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).
La première réponse de la Commission sera présentée le 22 avril, à la veille d’un sommet informel des dirigeants européens. Elle se concentrera sur un soutien immédiat.
Bruxelles compte modifier temporairement ses règles en matière d’aides d’État. Cet assouplissement permettra aux 27 États membres de « soutenir temporairement les secteurs les plus exposés » et les ménages les plus fragiles face à la flambée des prix, sans enfreindre les règles de concurrence.
« L’énergie la moins chère est celle que nous ne consommons pas », a insisté la présidente. La Commission prône donc une mobilisation générale pour réduire la consommation, une mesure essentielle de court terme pour atténuer l’impact de la crise.
Au-delà de l’urgence, l’exécutif européen prépare une transformation structurelle du marché de l’énergie.
Dès le mois de mai, Ursula von der Leyen promet une proposition visant à réformer la taxation de l’électricité et les frais de réseau. L’objectif est clair : garantir que l’électricité, en particulier lorsqu’elle est produite à partir de sources bas-carbone, soit moins taxée que l’énergie fossile dans l’ensemble de l’UE. Cette réforme est considérée comme un levier crucial pour inciter à l’électrification.
Le 19 mai, la Commission présentera une « stratégie d’électrification » complète. Celle-ci aura pour mission de « mobiliser les investissements » et de « lever des obstacles réglementaires » qui entravent le déploiement des technologies électriques. Cette stratégie s’appuiera sur les progrès déjà réalisés : « Les renouvelables et le nucléaire représentent désormais plus de 70% de la production d’électricité en Europe », a rappelé von der Leyen.
Pour suivre l’évolution des énergies renouvelables en Europe, les données d’IRENA (International Renewable Energy Agency) font référence.
La présidente a pointé un défi majeur : « Aujourd’hui encore, de grandes quantités d’électricité propre restent inutilisées ou gaspillées ». Une meilleure intégration de ces sources dans le système et le renforcement des interconnexions électriques entre les pays membres sont donc prioritaires. Un plan détaillé sur les réseaux, présenté en décembre dernier, devrait être adopté avant l’été.
Cet appel de Bruxelles résonne avec des actions déjà engagées dans les capitales. Par exemple, le gouvernement français a récemment présenté un plan incluant l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs à partir de fin 2026. Face à la flambée des carburants, les réponses nationales ont cependant varié, allant d’une baisse de la TVA en Espagne à des aides ciblées en France, en passant par une réduction temporaire d’une taxe sur les produits pétroliers en Allemagne.
La coordination des politiques énergétiques nationales est un enjeu clé, suivi de près par des think tanks comme Bruegel.
L’intervention d’Ursula von der Leyen marque un tournant dans la réponse européenne à la crise énergétique, combinant un filet de sécurité sociale et économique à une ambition industrielle et climatique renouvelée. Les semaines à venir, avec la présentation des mesures détaillées, seront déterminantes pour la crédibilité de cette feuille de route.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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