Une analyse approfondie de 60 études scientifiques dresse un avenir radieux pour les énergies renouvelables. D’ici le milieu du siècle, le solaire photovoltaïque et l’éolien pourraient fournir jusqu’à 100% de l’électricité mondiale. Cependant, une nouvelle recherche met en garde : les projections sont souvent faussées par des hypothèses trop prudentes sur les coûts et une modélisation simplifiée, sous-estimant ainsi le véritable potentiel du solaire.
Une étude majeure de l’Université de Lappeenranta-Lahti (LUT) en Finlande, publiée dans Renewable and Sustainable Energy Reviews, révèle que le coût d’investissement (Capex) du photovoltaïque pourrait chuter de manière significative. Les chercheurs estiment qu’en 2050, ce coût pourrait se situer dans une fourchette allant de 166 € à 720 € par kilowatt (kW).
Christian Breyer, professeur d’économie solaire à LUT, précise : « La valeur de 166 €/kW correspond à la convention standard en euros 2019, tandis que celle de 720 €/kW est basée sur des euros 2017. Pour tenir compte de l’inflation récente, toutes les valeurs de coûts antérieures à 2022 ont été ajustées à la hausse de 20%. » Cette large fourchette souligne l’importance des hypothèses de départ et du contexte économique dans les modèles de projection.
L’étude de LUT identifie plusieurs biais récurrents dans les scénarios énergétiques :
Pour garantir des conclusions solides, les chercheurs ont procédé à une revue systématique de la littérature avec des critères stricts :
Ce processus a permis de constituer une base de 60 études offrant un panorama complet des scénarios de transition hautement renouvelables.
Malgré des différences dans les hypothèses et méthodes, les études convergent vers un constat majeur : le photovoltaïque et l’éolien pourraient assurer ensemble entre 80% et 100% de la production mondiale d’électricité en 2050. Les parts plus faibles s’expliquent généralement par la présence importante d’autres renouvelables comme l’hydroélectricité, la géothermie ou par des importations d’énergie.
L’analyse confirme un lien direct entre les coûts et le déploiement : des hypothèses de Capex plus basses conduisent systématiquement à une part projetée plus élevée pour le photovoltaïque. Les facteurs géographiques sont également déterminants : les régions très ensoleillées tendent à s’appuyer davantage sur le solaire, tandis que les pays riches en hydroélectricité ou géothermie lui accordent une part moindre.
L’étude souligne que les filières « power-to-X » (transformation de l’électricité en hydrogène, carburants synthétiques, etc.) seront essentielles. Elles permettront de stocker l’énergie solaire intermittente, d’alimenter des secteurs difficiles à électrifier directement (comme l’industrie lourde ou l’aviation) et ainsi de renforcer la valeur systémique du photovoltaïque dans un mix 100% renouvelable.
Si la trajectoire est prometteuse, elle n’est pas exempte d’obstacles. Christian Breyer met en avant deux points de vigilance :
En conclusion, cette méta-analyse de l’université LUT offre une vision à la fois ambitieuse et réaliste. Elle démontre que l’objectif d’un système électrique mondial quasi-intégralement alimenté par le solaire et l’éolien est techniquement et économiquement envisageable d’ici 2050. Pour y parvenir, elle appelle à adopter des modèles de projection plus fins et plus audacieux, capables de saisir toute l’innovation et le potentiel de réduction des coûts de l’énergie solaire.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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