Le développeur français d’énergies renouvelables Voltalia a officiellement mis en service la centrale solaire photovoltaïque de Bolobedu, d’une puissance de 148 MW, dans la province du Limpopo en Afrique du Sud. Ce projet, le plus grand jamais réalisé par Voltalia sur le continent africain, représente une étape majeure pour l’approvisionnement en électricité verte de l’industrie minière locale. Il est spécifiquement dédié à alimenter les opérations de Richards Bay Minerals (RBM), une filiale du géant minier Rio Tinto.
La centrale Bolobedu illustre parfaitement le modèle émergent du « Power-to-Mine », où des producteurs d’énergie renouvelable alimentent directement des sites miniers. Avec une production annuelle estimée à 300 GWh, l’installation couvrira une part significative des besoins électriques de RBM. L’électricité est injectée sur le réseau national géré par Eskom puis acheminée vers le site consommateur via un mécanisme de « wheeling » (transit). Ce système, courant en Afrique du Sud, permet aux entreprises de sécuriser un approvisionnement en énergie propre sans avoir à investir dans des infrastructures de transport dédiées.
Le cœur de ce projet repose sur un contrat d’achat d’électricité (PPA) de long terme signé entre Voltalia et Richards Bay Minerals. Ce type d’accord garantit à l’opérateur minier un prix stable et prévisible pour son électricité, le protégeant de la volatilité des tarifs et des défaillances du réseau national. Cette sécurité énergétique est cruciale pour la compétitivité et la planification à long terme des activités industrielles énergivores.
La mise en service de Bolobedu intervient à un moment stratégique pour Rio Tinto et sa filiale RBM. Le groupe a en effet lancé les travaux du projet d’extension minière Zulti South, qui vise à exploiter de nouveaux gisements de sables minéraux lourds, notamment du zircon, de l’ilménite et du rutile. Ces minéraux sont essentiels pour des industries comme la céramique, la métallurgie et la fabrication de pigments.
L’augmentation de la capacité de production induite par Zulti South se traduira par des besoins énergétiques accrus. La centrale solaire de Bolobedu constitue ainsi le socle énergétique vert qui permettra de soutenir cette croissance tout en réduisant l’empreinte carbone des opérations. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie plus large de Rio Tinto de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le projet Bolobedu se distingue également par son aspect innovant en matière de financement. Voltalia a souligné que le projet a été financé par deux femmes, faisant de lui le premier projet d’énergies renouvelables de grande envergure en Afrique du Sud soutenu exclusivement par des femmes. Par ailleurs, en octobre 2025, Voltalia a signé un partenariat stratégique avec l’International Finance Corporation (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale. L’objectif de ce partenariat est d’accélérer le déploiement de solutions hybrides (solaire, éolien, stockage) pour décarboner le secteur minier africain d’ici 2030.
Au-delà du cas spécifique de Rio Tinto, le projet Bolobedu contribue aux objectifs nationaux de l’Afrique du Sud en matière de transition énergétique. Le pays, qui cherche à diversifier son mix électrique encore très dépendant du charbon et à renforcer la sécurité de son réseau, encourage activement les investissements privés dans les énergies renouvelables. Les projets de grande envergure comme celui-ci démontrent la viabilité économique des partenariats public-privé pour produire une électricité compétitive et durable, tout en créant des emplois locaux et en stimulant le développement régional.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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