La France relance massivement l’éolien et le solaire pour son indépendance énergétique

Le gouvernement français a officiellement relancé, jeudi, une série d’appels d’offres majeurs pour les énergies renouvelables. Cette annonce, faite par la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, et le ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, vise à accélérer le développement de l’éolien terrestre, de l’éolien en mer et du photovoltaïque. Cette stratégie répond à une urgence double : réduire la forte dépendance aux importations d’énergies fossiles, dont les prix ont flambé avec les tensions géopolitiques, et atteindre les objectifs ambitieux de décarbonation du mix énergétique national.

Une réponse stratégique à la crise énergétique et climatique

Cette relance s’inscrit dans le cadre de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France dévoilée en février. L’objectif central est de faire passer la part des énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) dans la consommation finale d’énergie de 40% aujourd’hui à 60% d’ici 2030. « Il faut avant tout agir sur le long terme pour réduire notre dépendance, en facilitant massivement le passage à l’électrique et en augmentant la production d’électricité grâce au nucléaire et au renouvelable », a résumé Roland Lescure.

Cette politique énergétique est présentée comme un levier de souveraineté et de compétitivité. La France importe chaque année pour environ 60 milliards d’euros d’énergies fossiles, une facture qui pèse lourdement sur sa balance commerciale. À l’inverse, le pays bénéficie d’un prix de l’électricité inférieur à la moyenne européenne, un avantage que le gouvernement souhaite consolider grâce à une production nationale abondante et décarbonée.

L’éolien en mer : un pilier industriel avec 15 GW visés en 2035

Le volet maritime du plan est particulièrement ambitieux. Le gouvernement a dévoilé un calendrier d’appels d’offres représentant une puissance cumulée d’environ 10 gigawatts (GW), répartis entre l’éolien posé (5 GW) et l’éolien flottant (5 GW). Ces projets concerneront l’ensemble des façades maritimes françaises, de la Manche à la Méditerranée.

La France ambitionne de devenir un leader de l’éolien flottant

Une attention particulière est portée à l’éolien flottant, une technologie d’avenir permettant d’installer des turbines plus au large, dans des zones aux fonds marins profonds. Le gouvernement affiche clairement sa volonté de faire de la France « l’un des leaders européens et mondiaux » de cette filière innovante. L’objectif est de porter la capacité installée en éolien en mer à 15 GW d’ici 2035, contre seulement 2 GW aujourd’hui. Selon Maud Bregeon, ce secteur représente à lui seul un potentiel de 37 milliards d’euros de retombées économiques et industrielles.

Photovoltaïque et éolien terrestre : priorité à l’optimisation et au renouvellement

Pour le solaire photovoltaïque, la stratégie repose sur deux axes : optimiser le soutien à l’autoconsommation, notamment collective, pour les particuliers et les petites entreprises, et encourager la réimplantation en Europe de chaînes de production de panneaux photovoltaïques pour les grands projets.

Concernant l’éolien terrestre, la priorité est donnée au « repowering », c’est-à-dire au renouvellement des parcs existants avec des turbines plus puissantes et plus efficaces. Cette approche vise à concilier l’augmentation de la production avec une meilleure acceptabilité locale, en limitant le développement de nouveaux mâts tout en augmentant la capacité globale.

Des retombées économiques et des défis à relever

Le gouvernement met en avant les bénéfices socio-économiques de cette relance. Roland Lescure estime que la PPE pourrait générer « au bas mot 120 000 emplois supplémentaires à horizon 2035 », dont 90 000 dans le secteur des énergies renouvelables.

Les représentants de la filière, comme France Renouvelables et le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), ont salué ces annonces attendues. Cependant, ils appellent à une vision stable et de long terme, ainsi qu’à une simplification significative des procédures administratives et des délais d’instruction. Le SER a notamment souligné que le seul renouvellement des parcs terrestres existants ne suffirait pas à atteindre les objectifs fixés par la PPE, plaidant pour un développement équilibré entre anciens et nouveaux sites.

Cette relance des énergies renouvelables marque une étape cruciale dans la transition énergétique française. Elle combine une réponse immédiate aux enjeux géopolitiques et économiques avec une vision industrielle à long terme, où l’éolien en mer et le solaire joueront un rôle complémentaire essentiel au nucléaire pour assurer l’avenir électrique décarboné de la France.

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