Le gouvernement français a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour accélérer le déploiement de l’énergie solaire. Cette stratégie repose sur deux piliers : le soutien renforcé à l’autoconsommation pour les particuliers et les petites entreprises, et la relance des grands projets via des appels d’offres exigeants, visant à reconstruire une filière industrielle européenne compétitive. Ces annonces s’inscrivent dans un contexte de transition énergétique et de recherche de souveraineté face aux dépendances géopolitiques.
Pour les installations de moins de 100 kWc, la politique publique se recentre explicitement sur l’autoconsommation. L’objectif est double : offrir une stabilité sur le long terme face à la volatilité des prix de l’électricité et encourager l’électrification des usages. Le gouvernement souhaite que l’énergie produite soit consommée sur place, bénéficiant directement au producteur.
Le dispositif de soutien (guichet ouvert) pour les installations inférieures à 100 kWc sera modifié pour encourager plus fortement l’autoconsommation, notamment sur la tranche 9-100 kWc. Parallèlement, un projet de décret, soumis au Conseil supérieur de l’énergie, vise à encadrer l’autoconsommation collective. Il imposera la maximisation de la consommation locale de l’énergie produite, limitant ainsi la revente sur le marché de gros pour privilégier l’avantage direct aux participants.
Pour les installations de plus grande taille, la stratégie vise à soutenir les projets les plus compétitifs tout en servant un objectif de réindustrialisation européenne. La France entend réduire sa dépendance à la chaîne d’approvisionnement asiatique, qui assure aujourd’hui plus de 80% de la fabrication des composants clés des panneaux solaires.
Plusieurs périodes de candidatures sont annoncées pour 2026 :
L’innovation majeure réside dans l’introduction d’un critère de résilience en éligibilité dès les prochaines périodes. Il exigera qu’une part des composants essentiels provienne de sources d’approvisionnement diversifiées, pour limiter la dépendance excessive à un seul pays. Ce critère s’inscrit dans la lignée du Net-Zero Industry Act (NZIA) européen.
La France plaide également pour l’intégration d’un principe de « Made in Europe » ambitieux dans les appels d’offres, au plus tard en 2027, via le futur Industrial Accelerator Act (IAA). L’ambition est de favoriser explicitement la production européenne dans les secteurs stratégiques comme le solaire.
Cette politique volontariste vise à créer un écosystème industriel viable. Plusieurs projets d’usines de modules et de cellules photovoltaïques, représentant plus de 1,5 milliard d’euros d’investissements et près de 4 000 emplois à terme, sont en cours de finalisation en France. En orientant la demande publique vers une offre locale, les nouveaux critères des appels d’offres doivent sécuriser ces investissements et permettre, à long terme, de relocaliser les étapes les plus en amont de la chaîne de valeur.
Comme l’a souligné la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, cette dynamique pourrait générer jusqu’à 120 000 emplois supplémentaires d’ici 2035, faisant du solaire un chantier industriel majeur pour les décennies à venir.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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