Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, Elia, a publié son analyse prospective pour la période estivale 2026. Si la perspective de surplus structurels d’électricité diminue, le système électrique belge reste confronté à des défis majeurs pour maintenir son équilibre, nécessitant une accélération du développement des solutions de flexibilité.
Le Summer Outlook 2026 d’Elia indique une baisse des risques de surplus structurels d’électricité (ou « incompressibilité ») pour le printemps et l’été 2026, par rapport aux années précédentes. Cette évolution s’explique principalement par l’indisponibilité temporaire de 2 GW de capacité nucléaire. Ces réacteurs, Doel 4 et Tihange 3, seront en maintenance pour des travaux de prolongation de leur durée de vie jusqu’en 2035, entre le 1er avril et le 1er novembre 2026.
Cette réduction de la puissance nucléaire disponible compense en partie l’augmentation annuelle continue de la capacité solaire installée, estimée à environ 1 GW supplémentaire par an. Cependant, des épisodes de surplus localisés restent probables, notamment les week-ends, lorsque la production photovoltaïque est élevée et la demande nationale plus faible.
Le mix électrique belge continue sa transformation avec l’intégration massive d’énergies renouvelables variables. Outre le solaire, près de 180 MW d’éolien terrestre ont récemment été installés. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025. La capacité éolienne en mer, quant à elle, reste stable en l’absence de nouveaux projets de mise en service à court terme.
Cette transition, bien que nécessaire pour la décarbonation, amplifie le défi de l’équilibre offre-demande en temps réel, rendant le système plus dépendant des conditions météorologiques.
La situation d’« incompressibilité » survient lorsque l’offre d’électricité dépasse largement la demande, et que la production excédentaire ne peut être facilement réduite ou exportée. Ce phénomène, souvent lié à une forte production renouvelable couplée à une faible consommation, se traduit par des prix de marché négatifs.
En 2024, la Belgique a enregistré 574 heures de prix négatifs, soit une augmentation de 26% par rapport à l’année précédente. Cette tendance, observable dans plusieurs pays européens comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas, illustre les déséquilibres croissants sur les réseaux électriques. Elle souligne l’urgence de développer des mécanismes de flexibilité pour absorber ces surplus.
Malgré les progrès réalisés par les acteurs du marché, un besoin significatif de flexibilité subsiste. Après activation des capacités de réduction disponibles, environ 25 heures critiques sont encore identifiées entre mars et août 2026. Le besoin global de flexibilité est estimé à 3,8 GW, dont 2,2 GW ne sont pas encore couverts dans les situations les plus à risque.
Pour l’été 2026, environ 2,1 GW de flexibilité devront être fournis par les unités de production décentralisées (comme les parcs renouvelables de taille moyenne). Si cette flexibilité fait défaut, Elia pourrait devoir recourir à des mesures d’urgence coûteuses : appel aux capacités des pays voisins, arrêt technique de centrales ou limitation de production, y compris sur de petites installations.
Face à ce constat, Elia insiste sur la nécessité de renforcer la « pilotabilité » des unités décentralisées. Cela signifie développer leur capacité à moduler leur production ou leur consommation sur signal, pour aider à stabiliser le réseau en temps réel.
« Les avancées sont encourageantes, mais nous devons passer à la vitesse supérieure », a souligné James Matthys-Donnadieu d’Elia. À plus long terme, avec la croissance continue des renouvelables et le retour des capacités nucléaires à partir de 2029, ces leviers de flexibilité deviendront encore plus critiques.
Pour garantir la sécurité d’approvisionnement et une transition énergétique maîtrisée, plusieurs actions sont prioritaires :
En conclusion, l’analyse d’Elia pour l’été 2026 dessine un paysage en mutation : le risque de surplus massif s’atténue temporairement, mais la nécessité d’un système électrique agile et flexible n’a jamais été aussi pressante pour accompagner la transition énergétique belge et européenne.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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