Le secteur des énergies renouvelables au Maroc entre dans une nouvelle ère. Après une longue attente, le cadre juridique permettant l’autoconsommation et la vente du surplus d’électricité verte est désormais opérationnel. La publication du décret d’application de la loi 82-21, suivie de décisions techniques clés de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), ouvre concrètement la voie aux particuliers et aux entreprises pour produire et valoriser leur propre énergie.
Adoptée il y a plusieurs années, la loi 82-21 posait les fondements de l’autoproduction énergétique mais son application effective était suspendue à l’adoption de textes d’exécution. Ce verrou a été levé avec la publication du décret au Bulletin officiel n°7489 du 9 mars 2026. Ce texte définit le statut de l’autoproducteur et les conditions générales d’injection du surplus sur le réseau public.
Pour compléter ce cadre, l’ANRE a publié, entre fin janvier et fin février, quatre décisions cruciales qui chiffrent les modalités techniques et économiques. Ces publications comblent le vide réglementaire et offrent aux investisseurs la visibilité nécessaire pour lancer leurs projets.
Les décisions de l’ANRE précisent les règles du jeu pour les futurs autoproducteurs. Elles couvrent les tarifs, l’accès au réseau et les capacités d’accueil.
L’ANRE a établi des tarifs incitatifs pour la revente du surplus d’électricité, plafonnée à 20% de la production annuelle de l’installation :
Ces tarifs, qui s’appliquent pour une durée contractuelle de 20 ans, visent à garantir un retour sur investissement prévisible. Pour comprendre l’évolution du mix énergétique marocain, on peut se référer aux données de du Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable.
Pour préserver la stabilité du réseau électrique national, l’ANRE a défini un plafond global de capacité pouvant être raccordée. Après déduction des projets déjà autorisés, la capacité disponible est de 3,886 mégawatts (MW), répartie comme suit :
Cette répartition reflète le fort potentiel solaire du Maroc et oriente les investissements vers cette technologie.
L’entrée en vigueur de ce dispositif, prévue le 9 juin 2026 (soit trois mois après la publication du décret), intervient à un moment crucial. Le contexte de crise énergétique mondiale, exacerbée par les tensions géopolitiques, pèse sur la facture énergétique du pays. Le développement de l’autoproduction constitue ainsi un levier stratégique pour :
Ce nouveau cadre réglementaire marque une étape décisive pour la démocratisation de l’énergie solaire et éolienne au Maroc. En offrant enfin un modèle économique viable pour l’autoconsommation et la vente de surplus, il devrait libérer un potentiel considérable chez les industriels, les agriculteurs et, à terme, les particuliers, contribuant ainsi à une transition énergétique plus décentralisée et résiliente.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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