Le parc solaire de Gièvres : un modèle de reconversion écologique en Loir-et-Cher



Dans le Loir-et-Cher, la commune de Gièvres devient le théâtre d’un projet pionnier en matière de transition énergétique et de réhabilitation de friches industrielles. Sur le site d’une ancienne carrière de sable, un parc photovoltaïque d’envergure est en cours de finalisation pour une mise en service prévue à l’été 2026. Ce projet, développé initialement par BayWa r.e. et désormais détenu par la société française Heling, illustre parfaitement comment la production d’énergie renouvelable peut s’allier avec la préservation de la biodiversité et l’intégration territoriale.

De la carrière de sable à la centrale photovoltaïque

Initié en 2019, le projet de Gièvres a pour objectif de redonner une utilité économique et environnementale à un site anthropisé, exploité jusqu’à la fin des années 2010. Après l’obtention du permis de construire en mai 2022 et le démarrage des travaux à l’automne 2025, le chantier a franchi des étapes décisives. Les travaux de terrassement sont achevés et les fondations des structures supportant les panneaux sont solidement ancrées. L’installation des 34 000 modules photovoltaïques est désormais en cours sur cette emprise de 19 hectares.

D’une puissance de 21 MWc, la future centrale sera capable de produire environ 25 GWh d’électricité verte par an. Cette production équivaut à la consommation annuelle de près de 12 000 personnes, contribuant significativement aux objectifs régionaux et nationaux de développement des énergies renouvelables. En évitant l’émission d’environ 7 000 tonnes de CO2 par an, le parc constitue un levier concret de décarbonation. Bien que propriété de Heling, qui fait ainsi son entrée dans le secteur solaire, le parc bénéficiera de l’expertise opérationnelle de BayWa r.e. pour son exploitation et sa maintenance à long terme.

Un engagement fort pour la biodiversité locale

La particularité du parc de Gièvres réside dans son approche écologique intégrée, conçue pour régénérer l’écosystème local. Le projet va bien au-delà de la simple production d’énergie.

Création de refuges naturels et corridors écologiques

Près de 8 hectares de friches et de boisements existants seront préservés, offrant un habitat crucial pour la faune. Le projet inclut la plantation de 840 mètres linéaires de haies mellifères, composées d’essences locales, qui serviront de corridor biologique et de source de nourriture pour les pollinisateurs. Deux zones humides présentes sur le site sont conservées, tandis qu’une troisième, dotée d’une mare, est spécialement créée pour favoriser la reproduction des amphibiens.

Une gestion durable par éco-pâturage

Pour entretenir la végétation sous les panneaux sans recourir à des produits phytosanitaires ou à des engins mécaniques, une solution innovante et durable a été retenue : l’éco-pâturage. Un troupeau de brebis assurera naturellement cette tonte, maintenant un équilibre écologique et perpétuant une activité agricole traditionnelle.

Une intégration paysagère soignée et une dimension pédagogique

Conscients de l’importance de l’acceptation locale, les porteurs du projet ont conçu la centrale pour qu’elle se fonde dans le paysage. Implantée au cœur d’un massif forestier et entourée d’une « ceinture verte », sa visibilité depuis les hameaux avoisinants sera minimale. Des haies plantées, pouvant atteindre 5 mètres de haut, masqueront les installations dont la hauteur maximale ne dépasse pas 3,5 mètres. La clôture périphérique est, quant à elle, conçue pour permettre le passage de la petite faune.

Le parc solaire de Gièvres se veut aussi un outil de sensibilisation. Un nouveau chemin piétonnier, créé à l’est du site, sera équipé de panneaux pédagogiques. Ces supports expliqueront aux riverains et aux promeneurs le fonctionnement de la technologie photovoltaïque, les enjeux de la transition énergétique et les actions menées sur place pour la biodiversité. Un apiculteur local continuera par ailleurs d’exploiter ses ruches, créant un lien tangible entre la production d’énergie verte et la production de miel local.

« Au-delà de sa production d’énergie décarbonée, le projet présentera un excellent bilan écologique. Une essence invasive sera retirée, une nouvelle zone humide sera créée et les haies mellifères bénéficieront à la production locale de miel et plus largement à la biodiversité », résume Quentin Hamon, Responsable régional solaire chez BayWa r.e.

Le parc solaire de Gièvres se présente ainsi comme un modèle d’économie circulaire appliquée à l’énergie, démontrant que le développement des renouvelables peut rimer avec réhabilitation de sites, protection active de l’environnement et implication des territoires.


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