Les fonds d’investissement Rgreen Invest (France) et Renalfa Solarpro (Autriche) officialisent une alliance majeure. Ils créent la co-entreprise Renalfa Power Clusters (RPC) et y injectent 200 millions d’euros de fonds propres. L’objectif est de développer et d’exploiter des centrales hybrides combinant énergies renouvelables et systèmes de stockage longue durée en Pologne et en Roumanie. Cette plateforme vise un portefeuille de projets de 800 millions d’euros, ciblant prioritairement l’électrification des industries énergivores et des centres de données.
Cette nouvelle joint-venture n’est pas un coup d’essai. Elle s’appuie sur le succès d’une première collaboration lancée il y a cinq ans par les deux partenaires. Celle-ci opère déjà plus de 655 MW de capacités solaires, éoliennes et de stockage dans plusieurs pays d’Europe du Sud-Est (Bulgarie, Hongrie, Roumanie, Macédoine du Nord), avec 550 MW supplémentaires en construction. La solidité de ce modèle a été validée par un financement de 315 millions d’euros accordé par un consortium bancaire mené par la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) en juillet 2025. Ce succès a directement motivé ce nouvel investissement commun en Pologne et Roumanie.
Le choix de ces deux pays n’est pas anodin. Ils représentent deux marchés en forte croissance, soutenus par des politiques énergétiques ambitieuses et des mécanismes de financement robustes.
La Pologne mène une transformation accélérée de son mix électrique. Le pays prévoit d’attribuer 9 GW de capacités solaires via des enchères entre 2022 et 2027. Entre 2023 et fin 2025, elle a déjà installé 14,36 GW de nouvelles capacités renouvelables, doublant presque son parc. Les appels d’offres se poursuivent en 2026 avec des volumes substantiels à pourvoir, créant un terreau fertile pour les projets hybrides innovants.
La Roumanie bénéficie d’un levier financier considérable via le Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) européen, doté de 29,2 milliards d’euros. Une partie de ces fonds est spécifiquement fléchée vers le développement des énergies renouvelables. Un régime d’aides de 3 milliards d’euros, autorisé par la Commission européenne en 2024, soutient les projets solaires et éoliens. La date butoir d’août 2026 pour engager ces fonds accélère significativement le développement du marché.
Contrairement aux approches traditionnelles qui cherchent à sécuriser les revenus via des contrats à prix fixes, Rgreen et Renalfa adoptent une stratégie différenciante. Ils considèrent la volatilité des marchés de l’électricité non comme un risque à éviter, mais comme un levier de rentabilité à maîtriser.
« Nous avons toujours été convaincus que les investisseurs engagés dans la transition énergétique ne doivent pas chercher à éviter les risques et la volatilité propres aux renouvelables, mais plutôt apprendre à les gérer en s’appuyant sur de nouveaux modèles économiques et sur les technologies les plus performantes », explique Ivo Prokopiev, CEO de Renalfa.
Le couplage avec le stockage longue durée est au cœur de cette stratégie. Il permet d’arbitrer les prix en stockant l’énergie produite aux moments de faible coût (ou de surplus) pour la réinjecter sur le réseau ou la vendre directement sur les marchés de gros lors des pics de demande et de prix. Cette flexibilité offre une électricité verte compétitive et répond précisément aux besoins des grands consommateurs industriels qui cherchent à décarboner leur activité tout en maîtrisant leurs coûts énergétiques.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
Inscrivez-vous en avant-première pour ne rien manquer de nos prochaines actualités.