Alors que l’Europe accélère sa transition énergétique, sa dépendance aux importations de panneaux solaires constitue un point de vulnérabilité stratégique. Pour y répondre, les principaux acteurs industriels et de la recherche se réunissent à Grenoble. Cet événement majeur vise à construire les fondations d’une filière photovoltaïque européenne compétitive, innovante et souveraine.
La « Journée Filière Industrielle Solaire Photovoltaïque », tenue le 5 mars à Grenoble, représente un temps fort pour l’écosystème solaire français et européen. Co-organisée par des leaders comme le CEA, INES-Technologies, Capenergies, Tenerrdis, HoloSolis et Carbon, cette seconde édition fait suite à un premier succès en 2024. Elle intervient à un moment crucial, alors que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) fixe des objectifs ambitieux de réindustrialisation et que le concept de « Made in Europe » gagne du terrain face à la domination asiatique.
Aujourd’hui, plus de 90% des panneaux solaires installés en Europe sont importés, principalement de Chine. Cette dépendance pose des risques sur la sécurité d’approvisionnement, le contrôle des coûts et la traçabilité environnementale. Développer une capacité de production locale est donc un enjeu de résilience économique, de création d’emplois et de contrôle de l’empreinte carbone de la transition énergétique. Comme le souligne l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), la diversification des chaînes d’approvisionnement est essentielle pour une transition stable.
Pour Nicolas Chandellier, CEO de Carbon, cet événement est « essentiel pour garantir l’alignement de tous les acteurs afin d’accélérer ensemble le développement d’une industrie souveraine ». Bertrand Lecacheux, CEO d’HoloSolis, y voit un signe que « cette thématique est devenue incontournable » pour travailler à la renaissance de l’industrie photovoltaïque.
La journée a été structurée pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à l’intégration au réseau.
Après une introduction sur le contexte européen par Gaëtan Masson du Becquerel Institute, les sessions ont mis en lumière :
Des tables rondes, animées par Capenergies et Tenerrdis, ont abordé les enjeux réglementaires avec la DGE, le SER et Enerplan, ainsi que l’intégration marché avec des énergéticiens majeurs.
La clôture de l’événement s’est concentrée sur l’avenir : les avancées en R&D soutenues par l’ADEME, le CEA et l’IPVF, et les solutions pionnières pour le recyclage et l’écoconception portées par des acteurs comme SOREN et Rosi.
Le choix de Grenoble n’est pas un hasard. La région Auvergne-Rhône-Alpes concentre un pôle d’excellence unique en Europe autour de l’innovation énergétique, avec le CEA et l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire). Comme l’explique David Duca, Chef du Département des Technologies Solaires du CEA : « Depuis 20 ans, le CEA et ses équipes sur le site de l’INES (…) opèrent des transferts technologiques réussis vers l’industrie européenne et impulsent des projets innovants ». Cet écosystème est un atout décisif pour faire émerger une filière industrielle compétitive.
La mobilisation à Grenoble démontre une dynamique puissante. En fédérant la recherche, l’industrie et les pouvoirs publics, la filière photovoltaïque française trace la voie d’une souveraineté énergétique et industrielle européenne, indispensable pour réussir la transition écologique dans la durée.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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