La publication de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) a suscité de nombreuses réactions dans le secteur. L’analyse de Guillaume David, Président du Groupe Solstyce, met en lumière les lacunes d’un dispositif jugé utile mais insuffisant. Son constat est sans appel : sans un cap législatif clair et stable, la transition énergétique française reste fragile et soumise aux aléas politiques.
La PPE3, attendue depuis près de trois ans, fixe les objectifs énergétiques de la France pour les cinq prochaines années. Elle donne des orientations sur le développement du solaire, de l’éolien et l’électrification des usages. Pour autant, elle ne constitue pas une trajectoire énergétique stabilisée.
« La transition énergétique ne peut pas reposer uniquement sur des documents de programmation. Elle doit être sécurisée par une loi claire, stable et assumée politiquement », déclare Guillaume David. Des ajustements, comme la révision à la baisse de l’objectif solaire (de 75-100 GW à 65-90 GW), illustrent cette instabilité. La présence d’une clause de revoyure prévue pour 2026 maintient le secteur dans l’incertitude.
« Une trajectoire énergétique ne peut pas être révisée dans 2 ans sans envoyer un signal d’instabilité au marché », souligne-t-il. Cette incertitude contraste avec les enjeux économiques : la PPE3 table sur un coût d’achat de l’énergie entre 40 et 60 €/MWh, alors que le coût réel du MWh nucléaire est estimé à environ 100 € et celui du solaire à 80 €, selon les données de RTE.
Le véritable obstacle identifié par Guillaume David est l’absence de loi de programmation énergétique. L’article L.100-1 A I du Code de l’énergie prévoyait son adoption avant le 1er juillet 2023. Cette loi devait :
Son report crée une incertitude stratégique majeure pour les industriels et les territoires. « Les industriels ont besoin de visibilité sur le long terme. Sans cadre législatif stabilisé, chaque investissement devient un pari politique », avertit le président de Solstyce. Cette situation fragilise la planification des investissements nécessaires à la transition, un point régulièrement souligné par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).
Cette instabilité retarde les projets d’infrastructures, décourage les investisseurs et empêche une véritable planification industrielle à l’échelle nationale. Elle contraste avec les engagements climatiques de la France, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat dans ses rapports annuels.
En l’absence de cadre législatif idéal, Guillaume David identifie trois leviers d’action concrets pour les territoires et les entreprises afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Cette solution permet de :
Le stockage, notamment par batteries, est une flexibilité indispensable pour :
Le secteur de la chaleur représente un gisement important de décarbonation via :
« La transition peut avancer par les territoires et les entreprises, même quand le débat national reste incertain », conclut Guillaume David. La France dispose des compétences industrielles et technologiques, comme le montre la dynamique de la filière solaire. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la stabilité stratégique que seule une loi de programmation énergétique peut apporter.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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