La publication de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) a suscité de nombreuses réactions dans le secteur. L’analyse de Guillaume David, président du groupe Solstyce, met en lumière les forces et, surtout, les fragilités de ce document stratégique. Son constat est clair : sans un cadre législatif solide, la transition énergétique française manque de visibilité et de stabilité.
La PPE3, attendue depuis près de trois ans, définit les objectifs énergétiques de la France pour les cinq prochaines années. Elle oriente le développement des filières renouvelables, comme le solaire et l’éolien, et encourage l’électrification des usages.
Cependant, des ajustements notables, comme la révision à la baisse de l’objectif solaire (de 75-100 GW à 65-90 GW), illustrent l’instabilité de la trajectoire. La présence d’une clause de revoyure confirme que cette programmation reste susceptible de modifications politiques, plutôt que d’incarner un cap ferme et durable. « Une trajectoire énergétique ne peut pas être révisée dans 2 ans sans envoyer un signal d’instabilité au marché », souligne Guillaume David.
La PPE3 fixe un objectif de prix d’achat de l’électricité entre 40 et 60 € par MWh. Pour contextualiser, le coût réel du MWh nucléaire est estimé autour de 100 €, tandis que le MWh solaire se situe aux alentours de 80 €. Cette divergence souligne l’importance économique des renouvelables dans la maîtrise des coûts à long terme.
Le véritable obstacle identifié par de nombreux acteurs, dont Guillaume David, est l’absence de loi de programmation énergétique. L’article L.100-1 A I du Code de l’énergie prévoyait son adoption avant le 1er juillet 2023. Cette loi devait :
Son report plonge les industriels et les territoires dans l’incertitude. « Les industriels ont besoin de visibilité sur le long terme. Sans cadre législatif stabilisé, chaque investissement devient un pari politique », avertit le président de Solstyce.
En attendant un cadre national stabilisé, des leviers d’action existent pour accélérer la transition au niveau local et entrepreneurial.
L’autoconsommation permet de couvrir les besoins d’un site avec une production renouvelable locale. C’est une solution pour sécuriser ses coûts face à la volatilité des prix et gagner en indépendance énergétique.
Le stockage d’énergie, notamment via des batteries, est devenu indispensable. Il offre de la flexibilité au réseau, assure une continuité d’activité et permet d’optimiser le prix de l’énergie consommée.
Le secteur de la chaleur représente un gisement majeur de décarbonation. Le recours à la chaleur renouvelable (solaire thermique, géothermie) et à la récupération de chaleur fatale industrielle allie performance économique, sobriété et résilience.
« La transition peut avancer par les territoires et les entreprises, même quand le débat national reste incertain », conclut Guillaume David. La France a les compétences pour réussir ; elle a besoin d’une stratégie claire et sécurisée par la loi.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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