Le marché de l’argent traverse une période de turbulences et de records historiques. Alors que le prix a connu une ascension fulgurante avant une correction significative début 2024, les analystes anticipent une poursuite de la hausse sur le reste de l’année, portée par un déficit structurel de l’offre et une demande industrielle robuste. Cet article décrypte les dynamiques complexes de ce métal précieux, à la fois actif refuge et composant essentiel de la haute technologie.
Selon le Silver Institute, un groupe de recherche basé à Washington, le marché mondial de l’argent devrait enregistrer son sixième déficit annuel consécutif en 2026. Cela signifie que la demande totale excédera l’offre, un déséquilibre fondamental qui exerce une pression constante à la hausse sur les cours. Ce déficit persiste malgré une baisse anticipée de la demande industrielle, qui devrait reculer d’environ 2% en 2026 pour atteindre un plus bas de quatre ans, autour de 650 millions d’onces.
Le secteur photovoltaïque, premier consommateur industriel d’argent, est au cœur de cette baisse prévue. Les fabricants de panneaux solaires intensifient leurs efforts de « thrifting » (réduction des quantités utilisées par cellule) et de substitution par d’autres métaux, comme le cuivre. Le World Silver Survey 2025 indique que ces mesures techniques devraient réduire la demande du solaire en 2026, malgré la croissance continue des installations mondiales. Une étude prospective suggère néanmoins que l’industrie photovoltaïque pourrait représenter jusqu’à 40% de la demande mondiale d’argent d’ici 2030, soulignant son importance à long terme.
La baisse de consommation dans le solaire sera partiellement compensée par une demande croissante dans d’autres secteurs high-tech. L’expansion massive des centres de données, le développement des technologies d’intelligence artificielle (IA) et l’électrification du secteur automobile, où l’argent est indispensable pour les connecteurs et les contacts électriques, soutiennent la demande industrielle. Cette diversification rend le marché moins dépendant d’un seul secteur.
Le prix de l’argent a connu une année 2024 exceptionnellement volatile. Après une hausse d’environ 243% sur un an, il a atteint un pic historique à 121,65 dollars l’once fin janvier 2024, avant une correction brutale en février. Les cours se sont ensuite stabilisés autour de 83 dollars l’once, démontrant une résilience notable.
Philip Newman, directeur général du cabinet de recherche Metals Focus, analyse ce rebond comme le signe d’un intérêt soutenu des investisseurs. « Le fait que les prix se soient bien redressés après la correction démontre la solidité de l’appétit pour l’argent. Nous nous attendons à ce que les prix se renforcent encore cette année, même avec un niveau élevé de volatilité », a-t-il déclaré. Cette volatilité est alimentée par un cocktail de facteurs : tensions géopolitiques, incertitudes sur les politiques monétaires (notamment celles de la Réserve fédérale américaine), et faiblesse périodique de l’offre physique sur les places de marché comme Londres.
En conclusion, le marché de l’argent s’apprête à naviguer dans des eaux agitées mais porteuses. La combinaison d’un déficit persistant, d’une demande industrielle en mutation mais robuste, et d’un appétit soutenu des investisseurs, laisse présager une tendance haussière pour les cours à moyen terme, bien que jalonnée d’épisodes de forte volatilité. Les acteurs, des industriels aux investisseurs, devront composer avec cette nouvelle réalité de prix plus élevés et plus instables.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
Abonnez-vous maintenant à la Newsletter.
Inscription gratuite !