Après plus de deux ans et demi d’attente et de vifs débats politiques, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2025-2035 a été officiellement présentée. Ce document stratégique, publié par décret au Journal Officiel, fixe la feuille de route énergétique de la France pour la prochaine décennie. Il s’agit d’un compromis visant à concilier souveraineté énergétique, décarbonation et compétitivité économique.
Le gouvernement a choisi de publier la PPE par décret, une méthode qui a suscité des tensions. Initialement, le Rassemblement national (RN) avait évoqué une motion de censure, jugeant la place accordée aux énergies renouvelables trop importante. Cependant, cette menace s’est estompée avec le contexte politique, notamment le passage du budget et les échéances électorales locales. Le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu, a défendu ce choix, estimant qu’il y avait « urgence » à agir et que « les débats ont largement eu lieu ». Le gouvernement reconnaît qu’une adoption par voie législative, initialement prévue, aurait constitué « une erreur stratégique » dans le contexte d’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.
Cette décision a été critiquée par l’opposition de droite et du centre. Des sénateurs Les Républicains (LR) et centristes ont dénoncé un « passage en force », tandis que Bruno Retailleau (LR) a questionné la légitimité du gouvernement pour engager une telle trajectoire. Malgré ces critiques, une majorité d’élus, y compris dans l’opposition, soulignent l’impérieuse nécessité d’avoir enfin un cadre clair pour lancer les investissements et anticiper les besoins en formation et en emplois dans le secteur de l’énergie.
La PPE 2025-2035 est le fruit d’un arbitrage délicat entre les partisans d’une relance du nucléaire et les défenseurs d’un développement accéléré des énergies renouvelables (éolien, solaire).
Conformément à la loi de février 2022, la stratégie française réaffirme l’objectif de construire six nouveaux réacteurs EPR2, avec une option pour huit supplémentaires. La PPE acte également le prolongement de la durée de vie du parc existant au-delà de 50 ans, sous réserve de l’avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette orientation vise à garantir une production d’électricité bas-carbone, pilotable et compétitive, pilier de la souveraineté industrielle. Pour en savoir plus sur la politique énergétique française, vous pouvez consulter le site du Ministère de la Transition écologique.
Les objectifs pour les énergies renouvelables sont préservés dans leur principe, mais leurs trajectoires de déploiement sont révisées à la baisse par rapport aux ambitions initiales, notamment pour l’éolien terrestre. Il n’y a pas de moratoire officiel, mais le gouvernement compte sur une application plus stricte des règles d’urbanisme et une mobilisation limitée des préfets pour faciliter les projets, ce qui devrait mécaniquement ralentir les implantations. Cette approche cherche à répondre aux critiques sur l’acceptabilité locale et l’impact paysager. Les professionnels du solaire et de l’éolien, comme le Syndicat des énergies renouvelables (SER), alertent sur les risques pour la filière et l’emploi.
La PPE se structure autour de plusieurs piliers pour la décennie à venir :
Pour comprendre les enjeux européens de cette transition, le site de l’Conseil de l’Union européenne offre des ressources utiles.
Conscient des désaccords persistants et de l’évolution du contexte, le gouvernement a intégré dans le décret une « clause de revoyure » prévue pour 2027. Cette date, qui correspond à la fin du quinquennat et à la prochaine élection présidentielle, permettra d’ajuster la trajectoire en fonction des avancées technologiques, des résultats obtenus et, in fine, du choix démocratique des Français. Comme le résume un élu, cette échéance « arbitrera » l’avenir du mix énergétique national.
La présentation officielle de la PPE par le Premier ministre Sébastien Lecornu depuis des barrages hydroélectriques dans le Jura n’est pas anodine. Elle symbolise la volonté de mettre en avant une énergie renouvelable mature, pilotable et ancrée dans les territoires, à l’image du compromis que représente l’ensemble du texte : ni victoire totale d’un camp, ni défaite de l’autre, mais une voie jugée praticable pour avancer malgré les divisions politiques.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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