Après une période d’incertitude, les professionnels des énergies renouvelables en France ont reçu des assurances claires du gouvernement. À l’issue d’une réunion de près de deux heures avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, les représentants de la filière sont sortis avec un message de soutien. L’objectif principal de cette rencontre était d’aborder les inquiétudes concernant la future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le document cadre qui définit la stratégie énergétique française.
La principale crainte de la filière était l’instauration d’un moratoire de fait ou une révision à la baisse drastique des objectifs de développement. Ces inquiétudes, nourries par certains scénarios restrictifs évoqués ces dernières semaines, ont été levées. Le gouvernement a explicitement écarté les trajectoires les moins ambitieuses pour les énergies vertes.
« Il n’y aura pas de moratoire ni de scénario moins-disant pour la filière », a confirmé Daniel Bour, président du syndicat des professionnels du solaire Enerplan. L’engagement le plus concret a été l’annonce de la relance des appels d’offres pour toutes les filières renouvelables (solaire, éolien terrestre, etc.). Cette mesure est cruciale pour redonner de la visibilité aux investisseurs et relancer la dynamique du secteur, après près de deux ans de flou réglementaire.
Si le signal politique est fort, les acteurs du secteur maintiennent une certaine prudence. Les volumes de production précis, le calendrier détaillé et les objectifs par technologie (notamment pour le solaire et l’éolien terrestre) de la future PPE n’ont pas été dévoilés. Le gouvernement doit encore trancher sur ces points cruciaux.
Une des questions en suspens concerne l’évolution de la demande d’électricité. Le ministre de l’Économie a évoqué la possibilité de revoir certains objectifs à la baisse, en raison d’une consommation inférieure aux prévisions. Cependant, cette analyse est contestée par une partie de la filière, qui anticipe un rebond de la consommation, porté par l’électrification des transports, le développement des data centers et les besoins de l’industrie. Cette perspective est partagée au niveau international, où l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une croissance soutenue de la demande mondiale d’électricité.
Au-delà des chiffres, cette annonce envoie un signal politique important sur la place des énergies renouvelables dans le mix électrique français. Le gouvernement a réaffirmé que le développement du nucléaire, relancé par la construction de nouveaux réacteurs EPR, ne se ferait pas au détriment des énergies solaire et éolienne. Il s’agit d’une réponse aux appels de certains élus à privilégier exclusivement l’atome.
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a indiqué que la PPE ne serait pas soumise à un vote de soutien au Parlement, marquant une différence de méthode avec ses prédécesseurs. Cela signifie que la proposition de loi Grémillet, visant à renforcer le rôle du législateur dans la stratégie énergétique, n’est plus d’actualité.
En résumé, la rencontre a permis d’apaiser les tensions les plus vives et d’écarter le scénario catastrophe d’un arrêt du développement des renouvelables en France. La filière peut désormais préparer l’avenir avec plus de sérénité, en attendant la publication officielle de la PPE qui précisera le niveau d’ambition exact du pays. La relance des appels d’offres constitue une première étape concrète pour traduire cet engagement politique en projets sur le terrain.
Article inspiré d’informations publiées par Les Échos en février 2026.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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