Filière solaire française en péril : l’alerte urgente de l’association le solaire territorial







Le 26 janvier, l’association Le Solaire Territorial a adressé un courrier d’alerte à plus de 380 députés. Ce cri d’alarme met en lumière une situation critique qui menace l’ensemble de la filière photovoltaïque française, ses emplois et la souveraineté énergétique du pays. L’association appelle à une réaction politique immédiate face aux scénarios de développement énergétique envisagés par le gouvernement, qu’elle juge destructeurs.

Un constat sans appel : la survie de la filière en jeu

Pour l’association, l’enjeu dépasse largement un simple ajustement technique. Il s’agit d’une décision politique imminente qui engage l’emploi, les territoires, les collectivités, les agriculteurs et la survie d’entreprises déjà fragilisées. Le président de l’association, Hadrien Clément, estime que l’adoption des scénarios les plus restrictifs, R1 ou R2, entraînerait la mort immédiate de la filière solaire française. Pour comprendre les enjeux de la transition énergétique en France, le site du Ministère de la Transition Écologique fournit des informations officielles.

Les scénarios RTE : de la prospective à la réalité économique

En décembre, RTE (Réseau de Transport d’Électricité) a publié son Bilan Prévisionnel 2035, détaillant quatre trajectoires (R1 à R4) pour le développement du solaire photovoltaïque. Ces scénarios partent d’un parc de 30 GW déjà en service fin 2025 et de 10 GW de projets autorisés en attente. Les objectifs pour 2030-2035 varient de 35 à 54 GW selon les trajectoires.

Traduction concrète des quatre scénarios

  • Scénario R4 (54 GW) : Il impliquerait de réaliser 14 GW supplémentaires en 4 ans, soit un rythme de 3,5 GW/an. Cela représente déjà une baisse d’environ 40% par rapport aux 5,77 GW mis en service en 2025.
  • Scénario R3 (47 GW) : Seulement 7 GW à développer sur quatre ans (1,75 GW/an), soit une division par plus de trois de la dynamique actuelle, avec des conséquences sociales mécaniques importantes.
  • Scénario R2 (42 GW) : Équivalent à un moratoire de fait pendant au moins trois ans. Aucun nouveau projet ne pourrait être développé, seuls les projets déjà autorisés seraient construits. L’association estime que cela pourrait détruire jusqu’à 60 000 emplois en moins d’un an.
  • Scénario R1 (35 GW) : Ce scénario irait jusqu’à annuler des projets déjà autorisés, conduisant au démantèlement d’une filière structurée depuis cinq ans. Des fermetures d’entreprises pourraient survenir avant l’été 2026.

Une casse industrielle et sociale déjà amorcée

L’association alerte sur le fait que le gouvernement travaillerait actuellement sur les scénarios R1 et R2. Les signaux de détresse de la filière sont déjà visibles : dégradation des trésoreries, carnets de commande qui se vident, retrait des investisseurs, gel des recrutements, plans sociaux engagés et premières entreprises en redressement judiciaire. Ces emplois, non délocalisables et ancrés dans les territoires (artisans, agriculteurs, PME), sont directement menacés. La situation du solaire en Europe peut être comparée via les données de l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA).

Un interrupteur on/off sur l’emploi et un choix de société

Le Solaire Territorial souligne que l’écart entre les scénarios R2 et R3 représente un enjeu d’environ 100 000 emplois. Si le gouvernement optait pour R1 ou R2, il devrait assumer la suppression de jusqu’à 150 000 emplois. L’association insiste : ce n’est pas une décision technique, mais un choix de société. Dans un contexte géopolitique tendu où la course aux énergies renouvelables s’intensifie, le solaire représente aussi une assurance-vie pour l’indépendance énergétique de la France.

Les demandes urgentes de l’association le solaire territorial

Face à cette urgence, l’association demande une action publique immédiate pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités :

  1. Interpellation directe : Exiger des ministres concernés, M. Lecornu et M. Lescure, une réponse claire et sans ambiguïté sur leur travail autour des scénarios R1 et R2.
  2. Transparence publique : Obtenir un démenti ou une confirmation officielle, et tenir le gouvernement en respect de sa parole.
  3. Assumer le débat politique : Faire de la destruction ou de la préservation de la filière solaire un sujet politique assumé devant le pays.

Le temps est compté. Pour l’association, le silence des pouvoirs publics tue déjà une filière d’avenir, essentielle à la transition écologique et à la résilience économique des territoires.


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