Dans les Alpes autrichiennes, à 2 850 mètres d’altitude, un projet solaire pionnier est en cours de construction. Il associe une structure bifaciale innovante conçue par l’autrichien Helioplant et la technologie d’optimisation de puissance du leader mondial SolarEdge. Ce partenariat stratégique vise à exploiter le fort potentiel énergétique des environnements de haute montagne, souvent contraignants pour le photovoltaïque classique.

Helioplant révolutionne le solaire en haute altitude avec sa structure en croix

Spécialiste des solutions solaires pour les régions montagneuses, Helioplant a développé une structure photovoltaïque bifaciale en croix, une première mondiale présentée en 2024. Son design « arborescent » se compose de quatre ailes indépendantes fixées à un mât central, chacune supportant 15 à 16 modules.

Cette géométrie unique n’est pas un simple choix esthétique. Elle crée des turbulences d’air, même par vent faible, qui empêchent l’accumulation de neige sur les panneaux. En limitant l’ombrage et la charge mécanique, la structure garantit une production hivernale continue, un enjeu critique pour l’approvisionnement des stations de ski.

La technologie SolarEdge optimise chaque module solaire

Pour maximiser le rendement de cette installation pionnière, Helioplant a choisi de s’associer à SolarEdge. Les structures seront équipées d’optimiseurs de puissance et d’onduleurs intelligents de la marque.

Contrairement aux onduleurs de chaîne traditionnels dont la performance est limitée par le panneau le moins performant, la technologie SolarEdge permet à chaque module de fonctionner à son point de puissance maximal. Cette approche est idéale pour les panneaux bifaciaux, dont la face arrière produit de l’énergie en captant la lumière réfléchie par le sol – un gain très variable dans un environnement alpin où l’enneigement est inégal.

Le projet pilote de Sölden : alimenter une station de ski avec le soleil

La première concrétisation de ce partenariat est une centrale de 6,3 MWc en construction sur le glacier du Tiefenbach, à Sölden dans la vallée d’Ötztal. Le site, qui comptera près de 800 structures Helioplant, est l’un des plus hauts parcs solaires d’Europe.

À partir de fin 2026, il devrait produire environ 28 GWh d’électricité verte par an. Cette production couvrira près d’un tiers des besoins annuels de trois stations de ski locales (Sölden, Ötztal), alimentant les remontées mécaniques, les infrastructures hôtelières et les canons à neige. Ce projet illustre la volonté du secteur du tourisme de montagne de réduire son empreinte carbone, comme le souligne également l’engagement d’autres destinations alpines documenté par l’Atlas des Montagnes.

Un potentiel mondial pour les stations de montagne

« Notre structure brevetée maintient les panneaux dégagés de la neige pour des rendements maximaux, répondant ainsi aux besoins énergétiques élevés des stations », explique Florian Jamschek, cofondateur de Helioplant. « Avec environ 6 000 stations de ski dans le monde, le potentiel de déploiement est immense. »

Ce projet autrichien sert de démonstrateur à grande échelle pour une solution technologique qui pourrait se généraliser. Il répond à deux défis majeurs : la production d’énergie décarbonée en hiver, période de pic de consommation pour les stations, et l’utilisation optimale d’espaces souvent impropres à d’autres activités, comme les zones glaciaires ou les pistes de ski.

L’avenir du solaire en milieu alpin

L’alliance entre l’innovation structurelle d’Helioplant et l’intelligence électronique de SolarEdge ouvre une nouvelle voie pour le photovoltaïque en conditions extrêmes. Elle démontre que les obstacles techniques liés à la neige, aux températures basses et à l’hétérogénéité du terrain peuvent être surmontés.

Alors que la transition énergétique s’accélère, les régions montagneuses, fortes consommatrices d’énergie et dotées d’un fort ensoleillement, ont tout à gagner à développer de tels projets. Ils assurent une production locale, réduisent la dépendance aux réseaux et aux énergies fossiles, et participent à la préservation de ces écosystèmes fragiles.

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