Filière solaire française en péril : l’alerte urgente du Solaire Territorial aux députés







Le 26 janvier, l’association Le Solaire Territorial a adressé un courrier d’urgence à plus de 380 députés. Ce signal d’alarme met en lumière une situation critique qui menace l’ensemble de la filière photovoltaïque française, ses emplois et la souveraineté énergétique du pays. L’association tire la sonnette d’alarme sur les conséquences désastreuses que pourraient avoir les scénarios de développement les plus bas envisagés par le gestionnaire du réseau, RTE.

Le cœur de l’alerte : quatre scénarios pour un avenir incertain

La crise trouve son origine dans le Bilan Prévisionnel 2035 publié par RTE en décembre. Ce document esquisse quatre trajectoires (R1 à R4) pour le développement du solaire photovoltaïque d’ici à 2035, partant d’un parc de 30 GW fin 2025 et de 10 GW de projets déjà autorisés.

Pour Le Solaire Territorial, les scénarios R1 et R2 équivaudraient à un arrêt de mort pour la filière. Le scénario R3, bien que moins radical, impliquerait un ralentissement brutal de l’activité. Seul le scénario R4, visant 54 GW, permettrait de maintenir une dynamique, bien qu’inférieure au rythme record de 2023.

Traduction concrète des scénarios RTE

  • Scénario R4 (54 GW) : Nécessiterait la réalisation de 14 GW en 4 ans, soit 3,5 GW/an. Cela représente déjà une baisse d’environ 40% par rapport aux 5,77 GW raccordés en 2023.
  • Scénario R3 (47 GW) : Seulement 7 GW à réaliser en 4 ans (1,75 GW/an), divisant par plus de trois la dynamique actuelle et entraînant des pertes d’emplois massives.
  • Scénario R2 (42 GW) : Équivaut à un moratoire de fait. Aucun nouveau projet ne pourrait être développé, seuls les projets déjà autorisés seraient construits. Jusqu’à 60 000 emplois pourraient être détruits en moins d’un an.
  • Scénario R1 (35 GW) : Signifierait l’annulation de projets déjà autorisés et le démantèlement pur et simple de la filière, entraînant des fermetures d’entreprises dès l’été 2026.

Une filière déjà en souffrance

L’association affirme que les signaux de détresse sont déjà visibles sur le terrain, alimentés par la crainte que le gouvernement ne travaille sur les scénarios R1 ou R2. Les conséquences sont tangibles : trésoreries qui se dégradent, carnets de commande qui se vident, gel des recrutements, plans sociaux engagés et premières entreprises en redressement judiciaire.

« Une filière détruite ne se redémarre pas par décret », souligne l’association. Ces emplois, majoritairement non délocalisables, sont ancrés dans les territoires et concernent des artisans, des agriculteurs, des collectivités et des PME, formant un écosystème économique local vital.

Un enjeu qui dépasse la technique : emploi et souveraineté

Le Solaire Territorial ramène le débat à son essence : un choix de société. L’écart entre le scénario R2 et le scénario R3 représente, selon elle, un interrupteur « ON/OFF » sur environ 100 000 emplois. Opter pour R1 ou R2 reviendrait à assumer la suppression de jusqu’à 150 000 emplois.

Dans un contexte géopolitique tendu et de course à la transition énergétique, l’association rappelle que le solaire est une « assurance-vie géopolitique ». Elle met également en garde contre un paradoxe : freiner le solaire en France, c’est risquer d’importer une électricité carbonée ou de voir se développer des infrastructures énergivores alimentées par des énergies fossiles. Le développement des énergies renouvelables est un pilier de la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat.

Les demandes immédiates de l’association

Face à l’urgence, Le Solaire Territorial, par la voix de son président Hadrien Clément, appelle à une action politique immédiate et demande :

  1. Une mise en responsabilité des ministres concernés (M. Lecornu et M. Lescure) pour obtenir une réponse claire : travaillent-ils sur les scénarios R1 ou R2 ?
  2. Un démenti ou une confirmation publique de la part du gouvernement, l’engageant sur sa parole.
  3. Que cette question devienne un sujet politique assumé, obligeant le gouvernement à déclarer s’il assume ou non la destruction de la filière solaire française.

Le message est sans équivoque : le temps est compté et le silence des pouvoirs publics aggrave déjà la situation. La survie d’une filière industrielle stratégique pour la transition écologique et l’emploi local se joue maintenant.


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