L’année 2023 a été un record pour l’installation de nouvelles capacités solaires en France. Pourtant, derrière ce chiffre en trompe-l’œil, c’est l’inquiétude qui domine. La filière photovoltaïque française tire la sonnette d’alarme, confrontée à un risque d’effondrement historique en l’absence de visibilité politique. La publication retardée de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) et l’arrêt des nouveaux appels d’offres menacent des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables et la souveraineté énergétique du pays.
Les alertes des professionnels se multiplient. Les petits installateurs, déjà fragilisés par une baisse d’activité, pourraient se retrouver sans commandes dans les prochains mois. Les signes de détresse sont concrets : trésoreries dégradées, carnets de commandes vides, plans sociaux et entreprises en redressement judiciaire. Une enquête menée par Enerplan et Observ’ER devrait confirmer dans les jours à venir l’urgence économique de la situation. Comme l’a rappelé Michaël Godet, président de Cap à l’Est, des entreprises « doivent déjà supprimer des emplois, ce qui est profondément déplorable ».
Pour les acteurs de la filière, la solution passe par deux actions gouvernementales immédiates et coordonnées.
La priorité absolue est la publication d’une troisième PPE dotée d’objectifs solaires ambitieux. Le syndicat des énergies renouvelables plaide pour l’adoption a minima du scénario R3 de RTE, qui prévoit 47 GW de solaire installés d’ici 2030. Ces objectifs sont le seul moyen de donner de la visibilité aux investisseurs et d’engager de nouveaux projets.
Ces objectifs doivent impérativement s’accompagner d’une relance des périodes d’appels d’offres. Ces derniers doivent intégrer des critères favorisant la production européenne, conformément à l’Industrial Accelerator Act, pour soutenir les futures gigafactories sur le sol français. « Sans cela, nos futurs projets industriels risquent de rester à l’arrêt », argumente Vianney de l’Estang, président de la commission solaire du Syndicat des énergies renouvelables.
L’association Le Solaire Territorial a adressé un courrier à plus de 380 députés pour détailler les scénarios en jeu, allant du plus optimiste au plus catastrophique :
« Entre R2 et R3, c’est l’interrupteur ON/OFF sur 100 000 emplois. Ce n’est pas un choix technique, mais une décision politique », insiste Hadrien Clément, Président du Solaire Territorial.
Alors que la France hésite, d’autres puissances accélèrent. L’Inde et les États-Unis investissent massivement via des plans de relance industrielle pour rapatrier leur chaîne de valeur photovoltaïque et sécuriser leur souveraineté énergétique. Ce retard pris par l’Europe la rend vulnérable, alors que le solaire est destiné à devenir une source majeure d’électricité d’ici la fin du siècle.
Face à cette urgence, la filière demande une réaction rapide et publique du gouvernement : clarifier les scénarios retenus pour la PPE3, confirmer le calendrier des futurs appels d’offres et assumer les conséquences de ces choix sur l’emploi et les territoires. Le message est sans équivoque : « Le temps est compté : le silence tue déjà ». L’avenir de toute une filière stratégique se joue maintenant.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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