Une analyse récente révèle une situation critique pour le réseau électrique espagnol. En l’espace de deux mois, près de 2,8 gigawatts (GW) de capacité disponible ont été absorbés, portant le taux de saturation national à 85,7 %. Cette pression accrue laisse plus de 5 200 postes électriques sans aucune marge pour de nouvelles connexions, posant un défi majeur à l’électrification et au développement industriel du pays.

Une étude qui sonne l’alarme

Cette analyse, menée par le Forum de l’Industrie et de l’Énergie (FIE) et le cabinet Opina 360, se base sur les données au 1er décembre 2025. Elle couvre 6 108 postes électriques gérés par les 29 principaux distributeurs, représentant environ 97% des points de fourniture en Espagne. Les résultats montrent une nette détérioration : la part des postes saturés est passée de 82,4% en octobre à 85,7% fin novembre, soit 5 235 installations.

En termes de puissance, la capacité disponible est tombée à 7 363 MW, contre un peu plus de 10 GW deux mois plus tôt. Ce déclin rapide indique que la demande, tirée par la transition énergétique et les nouveaux projets industriels, dépasse largement le rythme des investissements dans le renforcement des infrastructures de réseau.

Une carte de l’Espagne marquée par les déséquilibres

La saturation n’est pas uniforme sur le territoire. Elle révèle de profondes disparités régionales, avec un nord et un centre du pays particulièrement sous tension.

Les régions en situation critique

Le Pays Basque détient le taux de saturation le plus élevé, à 99,8%, suivi de la Navarre et de La Rioja, toutes deux à 99,2%. À l’échelle provinciale, huit territoires sont techniquement saturés à 100%, bloquant toute nouvelle connexion : Almería, Málaga, Saragosse, Albacete, Guadalajara, Salamanque, Álava et Biscaye.

Les zones avec des marges de manœuvre

Seules six provinces conservent une capacité disponible supérieure à 50% dans leurs postes : les îles Baléares, Ourense, Pontevedra, Las Palmas (Canaries), les Asturies et Lugo. Cependant, le rapport met en garde : une partie de cette capacité théorique est limitée par des contraintes techniques ou dépend de renforcements du réseau de transport qui ne sont pas encore effectifs.

En volume absolu, la Galice dispose du plus grand réservoir de capacité (1 720,8 MW), devant la Catalogne (1 024 MW) et l’Andalousie (870,5 MW). Néanmoins, des décalages géographiques persistent. La région de Barcelone, par exemple, dispose d’une capacité résiduelle souvent localisée dans des zones urbaines anciennes, peu adaptées aux besoins logistiques et énergétiques des grands sites industriels modernes.

Les implications pour l’avenir énergétique de l’Espagne

Cette érosion rapide de la capacité du réseau a des conséquences directes. Elle risque de freiner le déploiement des énergies renouvelables, dont l’Espagne est un acteur européen majeur, en compliquant l’injection de la production des nouveaux parcs solaires et éoliens. Elle pourrait également ralentir l’implantation de nouvelles industries, notamment celles liées à la décarbonation comme la production d’hydrogène vert ou les gigafactories de batteries.

La situation appelle à une accélération des investissements dans les infrastructures de transport et de distribution d’électricité. La modernisation et l’expansion du réseau sont devenues une priorité stratégique pour accompagner la transition énergétique, garantir la sécurité d’approvisionnement et maintenir la compétitivité économique du pays. Pour en savoir plus sur les politiques énergétiques européennes, vous pouvez consulter le site de la Commission européenne à l’énergie.

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