L’avenir du photovoltaïque en france : stockage, ia et opportunités selon andré joffre

Lors de la Conférence Nationale Photovoltaïque à Paris, André Joffre, président du bureau d’études Tecsol, a dressé un tableau prospectif du secteur solaire. Son analyse, à la fois optimiste et lucide, souligne les défis réglementaires, les solutions technologiques émergentes et l’impact de l’intelligence artificielle sur la demande électrique. Cette vision offre un cadre essentiel pour comprendre les évolutions stratégiques à venir dans l’énergie.

L’autoconsommation en france : un long parcours réglementaire

André Joffre est revenu sur les débuts difficiles de l’autoconsommation en France. Ce qui semble aujourd’hui une évidence fut le résultat d’un combat administratif et politique de plusieurs années. Initiée en 2014 face à un scepticisme institutionnel, la filière a dû attendre une ordonnance présidentielle en 2016, puis sa ratification parlementaire en 2017, pour obtenir un cadre juridique stable. Ces complexités initiales expliquent en partie les lourdeurs persistantes, notamment dans le domaine de l’autoconsommation collective, qui continue de se heurter à des procédures administratives complexes.

Les prix négatifs de l’électricité : mythes et solutions

Face aux épisodes de prix négatifs sur les marchés de l’électricité, souvent imputés au solaire, André Joffre a apporté une nécessaire mise au point. Cette situation est un phénomène européen, multifactoriel, impliquant la modulation limitée du parc nucléaire historique et les contraintes techniques des réseaux. La solution réside dans la flexibilité. Le couplage systématique du photovoltaïque avec des systèmes de stockage sur batterie apparaît comme la réponse centrale, d’autant que le coût des batteries lithium-ion connaît une baisse encore plus rapide que celle du solaire, comme le confirment les rapports de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).

Le revamping : une opportunité stratégique à partir de 2026

Une opportunité majeure se profile avec l’arrivée en fin de contrat d’achat (tarif d’achat) de nombreuses installations solaires à partir de 2026-2027. Ces sites possèdent un atout précieux : un raccordement au réseau déjà existant, ressource devenue rare. Le « revamping » (modernisation) consiste à augmenter significativement leur puissance avec des panneaux plus performants et à y adosser du stockage. Cette approche permet de produire une électricité plus lissée et mieux valorisable, transformant d’anciennes installations en centrales de production flexibles et modernes.

L’explosion de l’intelligence artificielle : un défi et une chance pour le solaire

Le point le plus marquant de l’intervention concerne l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les systèmes énergétiques. La demande électrique des data centers, de la fabrication de puces et des systèmes de refroidissement explose. Aux États-Unis, des projets sont déjà reportés faute de capacité électrique disponible. Des études, comme celles de l’AIE, prévoient un déficit de dizaines de gigawatts à l’horizon 2028. Cette tension fera de l’électricité une ressource de plus en plus disputée et chère, renforçant mécaniquement la compétitivité et la pertinence des projets photovoltaïques avec stockage, capables de fournir une énergie locale et décarbonée.

Le solaire, une énergie sociale et citoyenne

André Joffre a conclu en rappelant la dimension humaine de la transition énergétique. Il a évoqué son engagement au sein de la Fédération Future, cofondée avec Bertrand Piccard, et l’initiative Sol Solidaire, qui vise à lutter contre la précarité énergétique en facilitant l’accès à l’énergie solaire pour les ménages modestes. Ces démarches illustrent la vocation du photovoltaïque à être une énergie non seulement compétitive et résiliente, mais aussi profondément sociale et inclusive, participant à une répartition plus équitable des bénéfices de la transition.

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