Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a rendu public les résultats de la quatrième période de l’appel d’offres « 2023 PV ZNI ». Le constat est sans appel : sur les 99 MWc de puissance espérée, seuls cinq projets, pour une capacité totale de 32,57 MWc, ont été retenus par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ce niveau de souscription, très en deçà des objectifs, interroge sur les freins au développement du solaire dans les territoires insulaires et ultramarins.
Lancé en 2023 et clôturé le 17 octobre 2025, cet appel d’offres visait à soutenir la construction et l’exploitation d’installations photovoltaïques dans les Zones Non Interconnectées (ZNI) au réseau métropolitain continental. Ces zones, qui comprennent la Corse, les départements et régions d’outre-mer, dépendent fortement des énergies fossiles pour leur production électrique.
Conformément à la proposition de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), les lauréats se répartissent sur trois territoires :
Le prix moyen pondéré de l’électricité produite s’élève à 92,04 €/MWh. Pour comprendre le cadre réglementaire de ces projets, il est utile de se référer aux informations publiées par le ministère de la Transition énergétique.
Dans son rapport de synthèse publié le 7 janvier, la CRE analyse les raisons de cet échec relatif. Plusieurs obstacles majeurs ont été pointés du doigt :
La disponibilité de terrains adaptés et les procédures administratives pour obtenir les permis de construire ou les autorisations d’urbanisme restent complexes et longues, ralentissant considérablement le montage des projets.
L’insertion de nouvelles installations de production intermittente, comme le solaire, dans des réseaux électriques insulaires parfois fragiles représente un défi technique et financier pour les gestionnaires de réseau comme Enedis ou les entreprises locales de distribution.
Les porteurs de projets doivent naviguer entre cet appel d’offres et le mécanisme de l’arrêté tarifaire « S24 Bâtiment ZNI », ce qui peut créer de l’incertitude sur le cadre économique le plus favorable.
Le développement accéléré du solaire dans les ZNI est pourtant un pilier essentiel de leur transition énergétique. Il permet de réduire la dépendance aux centrales thermiques au fioul ou au charbon, dont la production est coûteuse et l’impact environnemental lourd. Le coût de cette production thermique est en partie supporté par les contribuables via la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE).
Face à ce constat, la CRE émet une série de recommandations opérationnelles pour simplifier les procédures, clarifier le cadre réglementaire et fluidifier le raccordement. La levée de ces barrières est cruciale pour atteindre les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) en matière d’énergies renouvelables dans les outre-mer.
La réussite des prochains appels d’offres sera un indicateur clé de la capacité de la France à décarboner son mix électrique sur l’ensemble de son territoire, en surmontant les spécificités locales.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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